Étape 1 : Besançon – Le Val Saint-Éloi

Nous sommes le dimanche 3 août 2014 et je m’apprête à partir à vélo comme chaque année.

Je raconte rarement ma vie sur ce blog (et encore moins sur les réseau sociaux), mais ça sera nécessaire ici pour situer le contexte de ce voyage.

Je m’explique :

L’année dernière, j’ai roulé en France afin de rejoindre Ai qui était en Angleterre. Ensemble, nous avons visité une partie de ce pays avant de nous rendre aux Pays-Bas. Ensuite j’ai terminé seul par l’Allemagne.

Cette année, je pensais reproduire le même modèle, mais avec un itinéraire différent. Je voulais rejoindre le Luxembourg puis la Belgique, puis retrouver Ai en Angleterre. De là, je comptais repasser à nouveau aux Pays-Bas puis en Allemagne, mais pour poursuivre jusqu’à Copenhague.

Joli projet, mais rien ne s’est passé comme prévu.

En effet, je rencontre depuis l’hiver dernier des problèmes de santé face auxquels les médecins se sont montrés particulièrement incapables. Par conséquent, j’ai perdu du poids et de la force et ne peux pas m’alimenter correctement car je digère très mal.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer aller jusqu’à Copenhague

Par ailleurs, hormis ma reprise d’études, que j’évoquais à la fin du précédent voyage et qui s’est très bien passée, 2014 a jusqu’ici été une année noire pour moi. En effet, un copain (?) a monté une entreprise et m’y a proposé un poste qui me correspondait parfaitement… avant de me laisser tomber du jour au lendemain. Et pas mal d’autres ennuis (qui, pris isolément, auraient été banals), se sont accumulés jusqu’à l’overdose…

Ainsi, après avoir passé le mois de juillet à tenter de solutionner différents problèmes et à subir une météo affreuse, seul car Ai était en Angleterre depuis le début du mois, il devenait urgent de sortir prendre l’air.

Et pour cela, une seule solution : enfourcher à nouveau mon vélo. Quelles que soient ma forme et la météo.

Certes, je ne ferai pas un long voyage, mais pourquoi pas partir en direction du Luxembourg, comme prévu ? Ensuite, je pourrai au choix aller en Belgique ou suivre la Moselle en direction de Koblenz, là où j’avais pris le train l’année dernière, me permettant ainsi de terminer à vélo ma boucle inachevée.

Sans avoir vraiment tranché sur ma destination finale, je suis prêt à démarrer le dimanche 3 août.

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Le vélo est chargé.

Je n’ai pas remis la voiture au garage car elle est en panne. Après m’avoir fait perdre un mois, la personne qui devait m’aider à la réparer n’a rien fait d’autre qu’aggraver la panne…

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Je verrai à mon retour ce que j’en ferai. De toute façon, on ne risque pas de me la voler…

Quant à la météo… il faudra faire avec…

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J’ai une cape de pluie donnée par un ami qui ne s’en servait pas ; celle que j’avais achetée il y a quelques années étant maintenant trop usée.

Cette fois, je ne pars pas par l’eurovéloroute 6.

Pour aller au Luxembourg, le plus simple est de rejoindre la véloroute Charles le Téméraire, qui relie la Bourgogne à la Flandre. Le tronçon qui m’intéresse suit la Saône puis la Moselle.

Mes trois premières étapes seront en fait similaires à celles du voyage à Nancy que j’avais fait en 2012 avec Quentin de Vélocampus. Voyage effectué fin 2012, mais rédigé et publié cette année, quelques jours avant ce nouveau départ.

Au moment de démarrer, je vois un de mes voisins, en short et t-shirt.

Il me dit « bon courage » en me voyant ainsi équipé.

Je me dis qu’il est fou d’être habillé ainsi par ce temps.

Il doit se dire que je suis fou de partir ainsi à vélo avec tous ces bagages et par ce temps.

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Me voilà parti, direction Vesoul. Mon itinéraire débute par la rue, non pas de Vesoul mais de Belfort. Ensuite, je traverse Palente par des petites rues.

Il fait chaud sous la cape de pluie. Je trouve un abri pour m’arrêter et enlever une épaisseur en dessous.

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Le meilleur abri que je trouve est… mon agence Pôle Emploi.

Ensuite, direction le bois de Chailluz.

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Mon itinéraire entre dans le bois par le Chemin du serpent, puis le traverse et prend le chemin du Roi, aménagé depuis quelques années en voie verte jusqu’à Braillans.

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Je croise tout de même un cycliste, malgré le temps. Cet itinéraire est assez prisé des cyclo-sportifs.

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Ensuite, je rejoins Marchaux par les bandes cyclables puis l’ancienne route, avant de prendre la direction de Chaudefontaine.

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Malheureusement, la route qui mène à Chaudefontaine a perdu ses bandes cyclables à l’occasion d’une réfection de la couche de roulement. Espérons qu’elles soient rapidement repeintes.

Après Chaudefontaine, il faut suivre la départementale sur quelques kilomètres, puis des petites routes permettent de rejoindre la Haute-Saône tranquillement.

Sauf qu’il existe un endroit où je me trompe souvent, et cela se produit encore aujourd’hui. J’aurais dû activer le GPS sur mon smarphone et vérifier.

Pour éviter un demi-tour, je choisis de tester un chemin que je ne connaissais pas.

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Il est davantage adapté au VTT qu’au voyage, mais j’arrive au bout rapidement.

Je m’arrête pour manger sous un arrêt de bus, dans un petit village à la limite de la Haute-Saône.

Quand je repars, la pluie fait mine de s’arrêter. Je ne remets pas ma cape.

Elle reprend. Je remets ma cape.

Elle s’arrête.

Ça commence à être agaçant.

Je garde la cape. Je ne vais pas m’arrêter tous les 50 mètres… Finalement, je la garderai jusqu’à Vesoul, mais la pluie ne reprendra pas. Le ciel s’est dégagé.

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Pour aller à Vesoul, il faut rejoindre le Chemin Vert, une voie verte sur une ancienne voie ferrée.

Jusqu’à présent, je la rejoignais à Fontenois-les-Montbozon où elle démarrait. Mais il paraît que depuis, un nouveau tronçon a été réalisé depuis Loulans-les-Forges. Il faut que j’aille voir cela.

J’arrive à Loulans. Comme je ne sais pas où on la prend, je vais directement à la gare.

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Je vais jusqu’au quai mais dois me rendre à l’évidence : c’est une propriété privée, et il n’y a pas de voie verte.

Je la trouve un peu plus loin dans le village.

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C’est drôle qu’on ait cru nécessaire d’ajouter un panonceau pour expliquer que cette section est partagée avec les agriculteurs. Avec un « Merci de votre compréhension » comme s’il fallait s’excuser du fait qu’on risque de croiser quelques tracteurs.

En France, on fait vraiment du tout ou rien : soit on voudrait isoler les cyclistes dans une bulle stérile, soit on ne fait rien et on les laisse se débrouiller.

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En tout cas, l’aménagement tout neuf est excellent.

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Premier contact avec le patrimoine ferroviaire. Me voici sur la plate-forme de l’ancienne ligne Besançon – Vesoul.

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Il y a quelques barrières en chicane un peu désagréables mais ça passe.

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Tout à coup, plus aucune trace de l’ancienne plate-forme. L’agriculture a repris ses droits ici. La voie verte fait quelques détours. Cela casse la monotonie.

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Un TGV passe. Bien trop vite pour le photographier. Le Chemin Vert suit en effet la LGV sur quelques mètres avant de passer dessous.

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Les anciennes gares et autres maisons de gardes-barrières rappellent le passé de cet itinéraire.

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Jolie collection dans un jardin – celui d’une ancienne gare.

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J’arrive à Fontenois sur le tronçon que je connais déjà.

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Il fait plus beau que la dernière fois… Avec Quentin, nous avions rencontré des flocons dans ce secteur. Nous étions dans les derniers jours d’octobre 2012.

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J’avance à une vitesse assez lente. Je n’ai pas la force que j’avais encore l’année dernière pour appuyer sur les pédales. En plus, c’est légèrement montant et le vent m’est plutôt défavorable.

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Si le cadrage de certaines photos est douteux, c’est parce qu’elles sont pour la plupart prises en roulant…

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Même si la température n’est pas celle d’un mois d’août normal, il fait beau et je croise d’autres usagers (cyclistes et piétons) sur la voie verte. Mais aucun voyageur.

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L’itinéraire commence à descendre. Vesoul se rapproche.

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Un pont marque le début de la descente vers le centre de Vesoul.

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Me voici en ville. La piste cyclable prend la direction du centre.

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La piste se termine de façon surprenante sur ce petit sentier. Je commence à le connaître : c’est la troisième fois que je passe ici.

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Le sentier débouche dans une petite rue, puis on arrive au centre via un passage très bien aménagé pour les cyclistes.

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Par contre, en plein centre, je dois prendre des sens interdits sans « sauf vélo ».

Je passe devant un bar. Avant, j’aimais bien conclure une étape de vélo par une bière fraîche. Cette année, ça ne sera pas possible. En raison de mes problèmes de santé, je ne bois plus d’alcool.

Mais de toute façon, il n’est pas si tard, et je me dis que, puisque je m’en sens encore capable, je vais encore rouler plutôt que de m’arrêter au camping de Vesoul.

En 2012, avec Quentin, nous avions quitté Vesoul par une voie verte, la Trace du Courlis, rejoignant la Véloroute des Rives de Saône qui est un maillon de la Véloroute Charles le Téméraire.

Ensuite, nous avions suivi cette dernière sur un ou deux kilomètres, jusqu’à Port-sur-Saône. À partir de là, elle n’était plus aménagée, et ne l’est toujours pas à ma connaissance. Nous nous étions donc débrouillés avec des petites routes et des chemins pas toujours roulants, avant de retrouver des aménagements à Fontenoy-le-Château dans les Vosges.

Cette fois, je décide d’aller au plus court. Je demande donc à Google Maps l’itinéraire à vélo entre Vesoul et Fontenoy et décide de le suivre.

Je sors de Vesoul par des bandes cyclables confortables.

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Par contre, à la sortie, je suis sur une départementale importante et non aménagée. Mais un dimanche soir d’août, le trafic est plutôt réduit.

J’y reste quelques kilomètres avant que Google ne m’envoie sur une autre départementale, parallèle à celle-ci, et beaucoup moins importante. Un panneau indique « camping rural », dans ma direction. J’ai peut-être trouvé où dormir ce soir.

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Je trouve quelques panneaux pour vélos. Mais en Haute-Saône, ils ne jalonnent que des boucles de loisir qui n’ont pas grand intérêt pour un voyageur.

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Si les villages et les paysages sont jolis, la route est bordée de déchets sur toute sa longueur. Notamment un nombre impressionnant de sacs de croquettes, qui semblent avoir été jetés par la même personne. Mais pas au même endroit, non. Ils sont disséminés sur la dizaine de kilomètres que je parcours…

Je la parcours d’ailleurs sans voir d’autre panneau indiquant mon camping rural. Existe-t-il vraiment ?

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Ah si. Il est indiqué ici. Je m’engage sur un petit chemin qui monte.

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Je suis arrivé. Il s’agit d’une ferme isolée dont le propriétaire, en retraite, a construit une salle qu’il loue, et a aménagé un terrain en aire de camping.

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Je paye la modique somme de 3,5 €. J’ai un emplacement avec l’électricité, et j’ai accès à la douche qui se trouve dans les sanitaires de la salle. Une douche très agréable avec un vrai pommeau et un tuyau comme on a chez soi. Pas un truc qui tombe du plafond comme dans beaucoup trop de campings.

Par la petite fenêtre de la douche, je vois le paysage. Nous sommes en hauteur et le panorama est large et beau.

Dans le camping, il n’y a que moi, une caravane qui semble vide, et une autre caravane de Hollandais – pour respecter la fameuse loi qui dit que dans chaque camping français on trouve toujours des Hollandais.

Ici, ni avion ni trains ni voitures… bref, aucun bruit. À part le chien du propriétaire qui aboiera une ou deux fois.

C’est sans hésitation l’un des meilleurs campings de tous mes voyages, et il est au fin fond de la Haute-Saône.

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L’orage arrive. Mais il passe devant mes yeux, sans s’approcher. Tant mieux car il semblait assez violent.

J’ai monté ma tente, et je l’ai bâchée.

Je n’ai pas ma tente habituelle (dont la toile extérieure est très vieille, usée et déchirée), mais une tente que m’ont laissée des Chinois que j’ai hébergés mi-juillet. Ils terminaient leur voyage et souhaitaient se débarrasser de tout ce dont ils n’avaient plus besoin. Il ont même revendu leurs vélos dans un magasin bisontin, et m’ont laissé d’autres affaires comme des casques, un antivol, une lampe…

Cette tente est comme neuve, mais elle m’inspire moyennement confiance. C’est pour cela que j’ai préféré prendre une bâche, comme d’habitude.

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Je mange et m’endors rapidement, fatigué par ma digestion.

Bilan :

80 km parcourus. C’est très correct, sachant que l’étape n’était pas plate, que je ne suis pas parti très tôt (plus tôt que l’année dernière, certes), et compte-tenu de ma forme.

C’est un véritable soulagement d’être ce soir dans ma tente, dans un endroit si agréable, sans rien d’autre à gérer que me laver, manger et dormir.

Je ne comprendrai jamais les gens qui trouvent que j’ai du courage de partir ainsi à vélo, et qui auraient peur de faire de même. C’est plutôt la vie quotidienne qui fait peur, en comparaison…

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