Étape 7 : Schaffhausen – Konstanz

Avant de commencer la lecture de cette étape, je vous invite à regarder sur une carte les frontières entre la Suisse et l’Allemagne, dans cette zone.

Depuis Basel, et durant toute notre première étape Suisse, c’est très simple : le Rhin sépare les deux pays. Au Nord, l’Allemagne. Au Sud, la Suisse. Notre véloroute suivait donc (pas toujours de très près, mais jamais de très loin) le Rhin, sur la rive Sud.

Ensuite, le long de notre seconde étape, la frontière n’est plus systématiquement le Rhin. Par endroits, la Suisse est des deux côtés. C’est le cas, entre autres, au niveau des chutes du Rhin et de Schaffhausen (la ville étant, d’ailleurs, située principalement sur la rive Nord).

Pour en revenir à notre véloroute, elle reste, jusqu’aux chutes du Rhin, sur la rive Sud, et ensuite, pour entrer dans Schaffhausen, elle traverse le Rhin et se trouve donc sur la rive Nord. Par contre, notre camping se trouve sur la rive Sud (mais heureusement, pas loin d’un pont).

Pour terminer, si vous regardez bien les frontières, vous avez dû voir que, sur la rive nord, à l’Est de Schaffhausen, il y a un territoire Allemand qui est intégralement entouré de territoires Suisses. Une enclave, donc. Impossible d’aller de ce territoire au reste de l’Allemagne sans passer par la Suisse. Sur la carte, cette particularité m’intrigue.

Mais revenons à notre voyage. Nous avons dormi dans le camping de Schaffhausen.

Ce camping est agréable et son accueil est sympathique. Son prix est un peu plus élevé que la moyenne des campings français, mais nous sommes en Suisse. D’autre part, les sanitaires, et en particulier les douches, y sont vraiment très agréables. En plus, il est bien placé (près de la ville, au bord de l’eau) et très calme.

Nous avons donc passé une bonne nuit, mais il nous faut partir car nous n’avons pas prévu d’arrêt à Schaffhausen.

Nous nous arrêterons une autre fois, peut-être, car ça a l’air d’être une ville intéressante et jolie.

Nous roulons donc à nouveau sur notre véloroute. Pour sortir de Schaffhausen, elle emprunte une route assez importante, mais bordée de bandes cyclables. Cette route, le long du Rhin, est agréable, et on aperçoit notre camping sur l’autre rive.

Tout à coup, les bandes cyclables ne sont plus peintes en jaune (comme dans le reste de la Suisse) mais en blanc. Et les voitures sont immatriculées en Allemagne. C’est comme cela que nous comprenons que nous venons de pénétrer dans le territoire Allemand dont je parlais précédemment. Il n’y a pas de douanes ni d’indication particulière.

C’est ici que, pour la première fois de notre vie, nous voyons une voiture Suisse et une voiture Allemande stationnées sur une bande cyclable ! La mode française s’exporte à l’étranger.

Même sur ce territoire Allemand, le jalonnement cyclable Suisse est encore là ! Nous le suivons et il nous amène sur un chemin revêtu dans les champs.

Le chemin devient cailloueux, et après un petit passage dans une forêt, nous repassons en Suisse sans même nous en rendre compte, puis nous arrivons cette fois à nouveau en Allemagne. Cette fois, la frontière est un peu plus matérialisée. Mais ça reste léger…

L’itinéraire revient sur une route plus importante. Nous longeons le Rhin et voyons donc la Suisse sur l’autre rive. Il s’agit ici de la ville de Diessenhofen, à laquelle on peut accéder depuis notre rive par un pont avec un toit. À l’entrée de ce pont, il y a des douaniers Allemands (que je n’ai pas pris en photo).

Nous ne traversons pas, car notre itinéraire continue sur la rive Allemande. Ici, on peut voir le jalonnement vélo Allemand (logique puisque nous sommes en Allemagne), mais aussi le jalonnement Suisse !

Pour rappel, nous suivons un itinéraire européen (l’Eurovéloroute 6) confondu avec un itinéraire Suisse (Rhein Radweg, itinéraire national 2), et nous sommes sur le sol Allemand ! Vous suivez ? De toute façon, c’est simple : il suffit de suivre les panneaux !

Notre itinéraire traverse ensuite un bois, ce qui est l’occasion de repasser en Suisse sans nous en rendre compte. En effet, la Suisse est à nouveau sur les deux rives, et cette fois jusqu’au lac de Constance, qui n’est plus très loin.

Dans un petit village Suisse nous tombons sur cette scène amusante. Un petit tracteur typiquement local tracte une grosse Cadillac !

Dans le même village, une maison est décorée avec des animaux en bois.

Depuis ce matin, le temps est agréable. Nous croisons, tout comme hier, énormément de cyclistes de toutes sortes. Même dans les passages caillouteux et dans les bois.

Le trafic cycliste est vraiment beaucoup plus important que sur la partie française de la véloroute, qui est pourtant beaucoup plus facile… !

Nous arrivons à l’entrée de la ville de Stein am Rhein, située quelques centaines de mètres avant le Lac de Constance.

Depuis Basel, la seule carte que nous avions était une carte Allemande, qui couvrait également le Nord de la Suisse, et donc notre itinéraire. Mais cette carte s’arrêtait quelques kilomètres après Schaffhausen. Maintenant, nous n’avons plus de carte, à part un petit dépliant trouvé au camping, édité par Bodensee Radweg, qui schématise les pistes cyclables autour du lac, mais sans les numéros d’itinéraires.

Mais ce n’est pas gênant. En Suisse, nous n’avons vraiment pas besoin de carte !

Je n’en ai encore pas parlé, mais en plus des panneaux, les itinéraires vélo Suisses, comportent régulièrement, au bord de la route, des extraits de carte, qui permettent au cycliste de voir où il en est.

Nous constatons donc que notre Eurovéloroute 6 et l’itinéraire 2 se séparent ici.

Si nous suivons la première, nous passerons à nouveau tout de suite en Allemagne, et nous contournerons le lac par le Nord, jusqu’à Radolfzell.

Là, il faudra de toute façon la quitter car elle repart plus au Nord, tandis que nous devrons rester le long du lac pour aller à Konstanz.

Si nous suivons le second, nous resterons en Suisse et contournerons le lac par le Sud, jusqu’à Kreuzlingen. Cette ville touche Konstanz. La frontière est entre les deux.

D’après les panneaux, Konstanz est à 43 km de nous si l’on choisit la première option. Kreuzlingen est à 28 km si l’on choisit la seconde. Le choix est vite fait.

Nous venons donc d’atteindre notre second objectif : parcourir toute la partie Suisse de notre véloroute !

Après, il y a la partie Allemande qui, après 60 km assez difficiles paraît-il, rejoint le Danube. Il ne reste ensuite « plus que » 2500 km le long de ce dernier pour rejoindre la Mer Noire. Mais ça sera pour une autre fois…

Nous traversons le centre-ville de Stein, qui est très joli.

Les itinéraires se séparent pour de bon.

Nous continuons donc sur l’itinéraire Suisse n°2 et ne tardons pas à apercevoir le lac de Constance.

Ce que nous appelons Lac de Constance (et qui s’appelle en Allemand Bodensee) est, en réalité, constitué de trois partie. Nous arrivons le long de l’une d’entre elles : l’Untersee. Il faudra longer cette partie pour arriver jusqu’à Kreuzlingen et Konstanz, qui se situent au niveau de la jonction des trois.

Après avoir longé un peu l’Untersee de loin, et avec quelques dénivelés toujours très courts, mais néanmoins fatigants, nous voici enfin sur du plat, au bord du lac.

Ça faisait un moment que nous étions sur de l’enrobé lisse, mais tout à coup, la piste est à nouveau en sable. Cela n’empêche pas de croiser une quantité de cyclistes assez monstrueuse ! D’ailleurs, il y a, le long de cette piste en sable, des lieux qui ne vivent que de cette fréquentation, comme ici, ce bar en terrasse.

À un croisement, Kreuzlingen et Konstanz sont indiqués le long de l’eau, tandis que l’itinéraire 2 s’en éloigne. C’est donc le moment de le quitter.

Alors que je fais cette photo, j’entends deux cyclistes se demander, en français, ce que sont ces panneaux avec des numéros.

Je m’arrête et leur explique tout : les itinéraires cyclables Suisses, l’itinéraire 2 confondu avec l’Eurovéloroute 6 de Stein à Basel, les dénivelés, les cailloux, etc.

Ils sont contents car leur but était justement de rejoindre Basel via l’Eurovéloroute 6 mais ils ne savaient pas où la trouver ! Ils n’ont maintenant plus qu’à suivre les panneaux « 2 » jusqu’à Stein. Je leur laisse également un dépliant « Bodensee Radweg », sur lequel je leur montre chaque itinéraire. J’ai bien fait d’en prendre plusieurs…

Ils ont des vélos de course, peu adaptés aux chemins caillouteux, mais ils me disent qu’ils commencent à avoir l’habitude, et que cela ne leur fait plus peur. Quant aux dénivelés, ce n’est pas un souci car ils ont déjà monté le Petit et le Grand Saint-Bernard au début de leurs vacances. Il faut dire qu’ils ont un chargement assez minimal !

Nous discutons assez longtemps. J’apprécie particulièrement de discuter avec deux cyclistes Français, ce que je ne peux malheureusement pas faire en allemand. Je me promets à nouveau de me remettre à l’allemand un jour…

Après cette discution, je constate que je ne vois plus Ai. Je roule jusqu’au prochain croisement, pensant qu’elle m’y attend, mais elle n’y est pas. Au suivant non plus, et à celui d’après, toujours pas…

Je commence à parcourir une assez longue distance sans la trouver, et ça devient inquiétant. J’envisage de demander à un téléphone à quelqu’un pour l’appeler, mais je me souviens que son téléphone est dans… mes sacoches !

Je me dis que, logiquement, elle a dû suivre les panneaux et elle doit m’attendre plus loin.

Je suis donc les panneaux et je découvre qu’il est tout à fait possible de passer le plus grand braquet et de faire du 30 km/h avec un vélo et une remorque chargée, sur des chemins en cailloux, malgré la présence de très nombreux autres cyclistes, et le fait de n’avoir qu’un seul frein fonctionnel… Toutefois, je vous déconseille de rouler de cette façon si vous n’avez pas une bonne raison !

Au bout d’une ligne droite, j’aperçois une silhouette à côté d’un vélo. C’est Ai qui m’attend patiemment, comme si de rien n’était. Elle a simplement suivi les panneaux pendant que je discutais, et comme à ce croisement il y avait plusieurs itinéraires, elle s’est arrêtée là !

Après ces émotions, nous continuons notre chemin, passons une douane, et atteignons notre troisième objectif : Konstanz.

Nous sentons tout de suite que cette ville va nous plaire. En effet, pour y entrer, un jalonnement vélo nous indique le centre-ville, et une magnifique passerelle pour piétons et vélos nous permet de passer une route importante.

Nous trouvons également par hasard un grand magasin bio, encore plus grand et moins cher qu’Alnatura.

Ensuite, nous suivons un jalonnement de très bonne qualité pour les vélos, qui indique un itinéraire pour se rendre à un camping. Malheureusement, celui-ci est complet. Mais heureusement, il y en a un autre, collé au premier, où il reste de la place.

L’accueil est vraiment sympathique. La dame qui nous place prend longuement son temps et réfléchit pour nous trouver une place parfaitement adaptée à nous et à nos vélos. Nous n’avions jamais vu cela.

Elle est impressionnée par le fait qu’on soit venus depuis la France avec de vieux vélos. On ne sait plus trop quelle langue on parle, et la conversation donne à peu près ça :

« Where do you come from ?
- Frankreich !
- Von Frankreich !? Nicht mit diese Fahrräder !?
- Si si !
- Ooooooooooh ! It’s so cooooooool ! »

Elle est assez amusante, cette dame.

Le soir, après manger, nous nous baladons au bord de l’eau, près du camping, et nous regardons les bateaux.

Nous avons deux voisins Suisses, qui parlent allemand et anglais. Ils sont sympathiques et acceptent que je branche une rallonge dans leur tente pour pouvoir brancher notre lampe et mon PC, car les armoires électriques étaient trop loin de nous. Nous sommes bien installés…

Bilan :

Une étape assez agréable, avec un peu de relief par moments, mais sans difficulté particulière.

Nous avons atteint nos objectifs principaux : parcourir toute la partie suisse de notre véloroute, et arriver à Konstanz et à son lac.

Nous avons parcouru 60 km, ce qui donne un total de 490 km depuis le début du voyage.

Suite : une journée à Konstanz

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