Un petit tour dans l’ouest : une histoire de vélo et de J…

20190427_124430Avril 2019. Pour des raisons que je ne détaillerai pas ici, je dois me rendre chez un ami à Nantes, et participer avec lui à un relevé d’informations sur la véloroute du littoral Atlantique, plus connue sous le nom de Velodyssée, maillon de l’Eurovéloroute n°1.

Avant le départ, nous préparons tout cela par internet et par téléphone : choix d’une date, déroulement des opérations, etc.

Mais vous me connaissez : quand je me déplace quelque part, j’aime bien rentabiliser mon déplacement. Un déplacement, ça coûte de l’argent, ça prend du temps, et ça a un certain impact sur l’environnement, alors autant faire en sorte que ça soit utile. Alors j’appelle un ami, jusqu’ici virtuel car je ne le connais que par un forum sur internet, qui habite tout près du secteur où je vais travailler.

Je lui propose de passer le voir, ce qu’il accepte avec plaisir. Quand il me dit, au moment de choisir la date exacte, qu’il doit aller voir un autre ami (réel pour lui, virtuel pour moi) qui est membre actif du même forum, je lui propose de venir avec lui pour le rencontrer aussi. Il accepte. Voilà comment rentabiliser un déplacement, en enchaînant travail et rencontres sympathiques. Et puis quand je parle de travail, même si c’est sérieux, il s’agit quand même de parcourir un bout de véloroute. C’est un travail qui a un goût de vacances.

Mercredi 24 avril.

Le réveil sonne tôt. Mon train est à 6 heures. Il ne faut pas traîner.

La plupart de mes affaires sont déjà prêtes, dans mes deux petites sacoches de vélo. Des sacoches de voyage imitant les Ortlieb, mais en bien plus simples et surtout beaucoup moins chères. Elles sont en effet vendues moins de 10 € pièce dans les magasins Aldi, et j’ai eu la chance (après avoir eu la malchance de me faire voler tout mon matériel il y a bientôt deux ans) d’en trouver trois paires (4 grosses et 2 petites) pour 4 € la paire, car elles étaient en soldes.

Je m’habille, finis de préparer mes affaires, et mets tout dans mes sacoches. Leur taille est un peu juste, pour partir plusieurs jours, mais je me débrouille.

Mais pourquoi prendre les petites alors que j’ai deux paires de grosses ? Déjà parce que les petites sont à Besançon et pas les grosses, mais ça n’est pas la vraie raison. La vraie raison c’est que je vais utiliser un Brompton, et que leur taille correspond juste à la hauteur du porte-bagages de celui-ci. Plus grosses, ça frotte par terre.

Je suis prêt. Je file derrière l’immeuble, détacher un vieux vélo Peugeot qui traîne là depuis la dernière fois que ma chérie l’a utilisé, il y a déjà un moment.

La selle est trop basse pour moi, et les pneus sont peu gonflés. Tant pis. J’ai moins d’un kilomètre à parcourir pour aller à la gare. Ça ira. Je roule tant bien que mal, mais j’y arrive. J’attache la monture, et me voici bientôt dans le train.

Changement à Auxon, enfin, Besançon-Franche-Comté-TGV, pour passer du TER au TGV.

Dans le train, je lis un livre de Cavanna, acheté il y a un an sur un vide-grenier. Il s’intitule « Et le singe devint con ». C’est drôle.

Marne-la-Vallée. Une affreuse gare souterraine. Je descends. C’est là que je change de TGV. Ça me permet d’éviter de changer dans Paris intra-muros, avec l’obligation de prendre les transports en commun parisiens, puisque je n’ai pas de vélo avec moi. Certes, il y a le Vélib, mais il paraît que la fiabilité n’est plus au rendez-vous depuis que ça a changé d’opérateur. Certes, ça fait plus d’un an, et je pense que le grand bazar des débuts est terminé. Mais je n’ai pas envie de prendre le risque de tester.

Mon TGV arrive. Je monte dedans. Je continue mon livre, et le termine peu de temps avant d’arriver à Nantes.

Nantes. J’attends quelques minutes mon ami, que je nommerai Clément dans ce récit. Il pleut. Clément arrive à vélo. Je mets mes sacoches sur son vélo et nous partons à pied. Il pousse sa monture. Son appartement est proche de la gare, de toute façon.

Après avoir mangé, car c’était l’heure, nous travaillons ensemble durant toute l’après-midi. Nous avons des choses à préparer : du matériel photo ou autre, et un vélo : son Brompton, qui se trouve sur son balcon (ce détail aura son importance).

J’envoie également des messages du Warmshowers : hier, j’ai effectué quelques demandes sur ce site pour trouver un hébergement pour ce soir à Nantes, et pour demain soir le long de la véloroute. J’ai eu plusieurs réponses, positives ou négatives, et il faut que je fasse des choix et réponde à tout le monde. J’ai commencé dans le train mais n’ai pas terminé. Je termine donc.

Une fois que tout est prêt, ou presque car Clément me demande de repasser chez lui demain matin pour récupérer quelques données, je peux mettre mes sacoches sur le Brompton et rouler jusque là où je dormirai ce soir : chez Daniel et Isabelle, deux membres de Warmshowers très sympathique, qui ont une jolie maison dans laquelle j’ai déjà dormi plusieurs nuits il y a 4 ans, à l’occasion du congrès Vélocity.

Je décide de tenter de m’y rendre sans consulter une seule carte. Pour tester ma mémoire géographique de Nantes. Je demande à Clément la direction de la Loire, et une fois que je franchis celle-ci j’arrive assez facilement à retrouver mes repères.

Me voici bientôt dans leur quartier. Premières photos du voyage. Rien d’exceptionnel. Un C15, véhicule presque incongru en milieu urbain de nous jours, surtout depuis qu’on fait la chasse aux vieilles voitures, et ce Mario peint sur un mur, qu’il me semble avoir déjà photographié il y a quatre ans.

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J’ai trouvé le quartier, mais la rue ?

Je regarde dans une première rue. Ça ne doit pas être celle-là. J’essaie la suivante : ça y ressemble. Je m’approche d’une maison. C’est bien là ! J’ai réussi à arriver jusqu’ici de mémoire, sans regarder une carte ni même le nom de la rue.

Un coup de fil m’apprend que Daniel, Isabelle et les parents de cette dernière sont à 50 mètres. Je reviens sur mes pas et les vois.

Malgré la présence des parents d’Isabelle et ma demande un peu tardive, je suis le bienvenu ici. Ce sont des gens accueillants, faciles à vivre, et qui ont de la place chez eux. Je découvre ma chambre, qui n’est pas celle où j’avais dormi précédemment, et je partage ensuite un repas bien agréable avec la famille. C’est fort sympathique de se retrouver après quatre ans, et de se donner des nouvelles. Ça n’est pas la première fois que je revois des gens qui m’ont hébergé en voyage, même si ça reste relativement rare.

Jeudi 25 avril.

Après une bonne nuit de sommeil, et un passage dans une boulangerie, je me rends à nouveau chez Clément. Je fais presque aussi bien que la veille puisque j’arrive jusqu’à deux pas de sa rue. Mais je ne sais plus où est la rue en question. Je l’appelle pour qu’il me redise le nom, et je regarde sur Google Maps : j’étais à 50 mètres.

Nous échangeons des données, faisons des tests, et ensuite je prends la direction de la gare, sur le Brompton. En chemin, alors qu’il est avec moi et peut surveiller le vélo, je m’arrête pour faire quelques courses dans un magasin. Quelques minutes plus tard, me voici dans un train pour Pornic.

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Pourquoi un train alors que la véloroute passe par Nantes ? Tout simplement parce que le temps est compté. Le tronçon sur lequel je dois travailler va de Pornic à Saint-Gilles, au sud, et il n’est pas envisageable que je le rejoigne à vélo car je n’aurai pas du tout le temps.

Le train part à midi et demie, et arrive une heure plus tard. Ça me laisse le temps de manger, de regarder un peu le paysage, et de remarquer que, tout au long de la ligne, le train est frotté par des branches d’arbres. Je suis surpris car je pensais qu’on entretenait suffisamment les lignes pour que le gabarit d’un train ne rencontre absolument aucun obstacle, même léger. Apparemment, non. Ou plus maintenant.

Pornic.

Ce nom est quand même très bizarre.

M’y voici.

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Le train est arrêté face à un heurtoir. Normal : la ligne ne va pas plus loin. Au delà, cest l’Océan. Cette étendue d’eau salée qui a au moins le mérite de nous séparer du pays de Donald.

Je sors de la gare.

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Je dois rejoindre la véloroute, et le point « zéro » de mon étape. Un coup d’œil à mon téléphone m’apprend qu’en fait, j’y suis déjà. La véloroute passe derrière la gare.

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Quelques réglages du matériel, ainsi que de mon propre appareil photo.Je démarre. La pluie aussi. Ça tombe mal.

Je quitte la véloroute pour me réfugier sous un abri, le temps que ça se calme. Je repars.

La véloroute emprunte des petites rues, tantôt au bord de la mer (mais en hauteur), tantôt dans la ville…

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Je remarque assez vite que le jalonnement est de très bonne qualité.

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Je découvre assez vite que la chaîne du Brompton fait du bruit. Elle semble manquer cruellement d’huile. Pas étonnant pour un vélo qui était stocké sur un balcon. Je ne l’avais pas remarqué hier soir et ce matin. Sans doute à cause du bruit de la circulation en ville, ou peut-être parce qu’il avait assez plu pour qu’elle soit mouillée.

Devant une maison, il y a des déchets dont un bidon d’huile moteur. J’hésite à m’arrêter et à regarder s’il en reste un peu au fond du bidon. Je ne le fais pas. Je le regretterai.

Première signalisation absurde du trajet. D’après la signalisation, les voitures peuvent rouler dans le sens où je roule, et les vélos peuvent rouler dans les deux sens… mais en roulant à gauche lorsqu’ils arrivent en sens inverse. C’est absurde et dangereux. Est-ce que c’est pour nous permettre de nous serrer sur l’espace des piétons, pour croiser les véhicules à l’anglaise ? Je ne sais pas. Mais à mon avis cette signalisation n’a aucune valeur légale et apporte plus de danger qu’autre chose.

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L’Océan n’est jamais loin.

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Premier chemin sans circulation automobile possible, et c’est aussi le premier chemin non revêtu. Mais c’est du stabilisé très roulant, comme j’aime.

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Il est très court.

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Premier tronçon qui ressemble à une voie verte en enrobé lisse. En réalité, c’est autorisé aux riverains (accès aux champs…).

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Mais on ne peut pas s’en servir pour le transit.

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Dommage d’avoir mis ce type de barrière. Tous les cyclistes (moi y compris) passent à côté de l’enrobé, du coup.

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La véloroute diffère beaucoup de ce que je connais dans ma région, et dans l’est de la France en général : ici, l’eau n’est jamais loin mais on ne suit jamais de cours d’eau ni de canal sur des chemins de halage. Pas non plus de voie verte sur d’anciennes voies ferrées (ou alors c’étaient des tronçons suffisamment courts pour que ça ne se remarque pas – en regardant une carte ça me paraît possible pour certains).

Ici, on est souvent sur des petites routes (ou petites rues de villes ou villages) sans aménagements spécifiques (ou parfois avec une piste ou une bande cyclable). Les tronçons en site propre ne constituent pas la majorité de l’itinéraire, et sont souvent non revêtus.

Le paysage est très plat, et on est souvent en zone urbaine, ou plutôt péri-urbaine, très pavillonnaire. En effet, les villes et villages sont assez étendus le long de la côte, et proches les uns des autres.

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Tiens, de travaux. La route est indiquée « barrée » mais il n’y a pas de déviation clairement indiquée, et de toute façon, pour mon travail, je dois, dans la mesure du possible, parcourir l’itinéraire officiel de la véloroute. Alors je passe.

Cette rue, en impasse pour les véhicules motorisés, débouche sur un petit tronçon de voie verte qui est lui-même en travaux. Je pousse mon vélo sur quelques mètres et reprends mon cheminement.

À la sortie de la voie verte, je retombe dans une rue où j’aperçois ceci.

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Joli.

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Et juste après, j’ai droit à un nouveau tronçon de voie verte en enrobé lisse.

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Ça ne dure pas longtemps. Retour sur une petite route. Pont au dessus d’une grande route.

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Une jolie plaque Michelin.

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Mais impossible de la suivre : sens interdit.

On notera le panneau d’interdiction aux vélos qui est redondant avec le sens interdit. Par défaut, sans mention contraire, un sens interdit s’applique aussi aux vélos.

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De toute façon, je n’avais pas l’intention de la suivre. Je continue à suivre l’itinéraire, qui est très bien jalonné.

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Un petit tronçon avec des bouts de piste cyclable, sans grand intérêt car c’est une rue calme.

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En plus, c’est désagréable quand la piste oblige à franchir des bordures de quelques centimètres de haut, comme ici.

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Encore un panneau qui ne veut pas dire grand chose. Il est évident qu’à vélo on doit passer à droite (et non pas respecter le panneau). Le panneau ne s’applique donc qu’aux automobilistes. Mais ce n’est pas le panneau le plus adapté.

Ceci dit, même si je relève quelques incohérences de ce genre, l’itinéraire est globalement agréable à parcourir, confortable, varié, sans danger et parfaitement jalonné. Je ne suis là que pour deux jours, mais ça me donne envie de revenir pour plus longtemps.

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L’eau n’est jamais loin.

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Daniel et Isabelle m’avaient dit que le paysage de mes deux étapes serait monotone, plat et sans intérêt. Si c’est tout à fait vrai pour le plat, je ne suis pas d’accord avec le côté monotone et sans intérêt. Pour moi, c’est un paysage très différent de ce à quoi je suis habitué, et ça suffit à le rendre intéressant. De toute façon, si on parle de réelle qualité paysagère, après avoir parcouru quelques milliers de kilomètres de véloroutes dans ma vie, j’ai dû me rendre à l’évidence : les plus beaux paysages sont… chez moi. C’est écrit dans le guide Chamina de l’Eurovélo 6 (c’est ça qui m’en a fait prendre conscience, car moi j’y étais habitué) et beaucoup de voyageurs me l’ont confirmé (dont Daniel et Isabelle).

Du coup, quand je vais ailleurs, je ne cherche pas forcément des paysages plus beaux, mais surtout des paysages différents, inconnus et variés. Là, je suis servi. Le paysage est différent de ce que je connais. Il ressemble un peu à la Camargue mais sans être identique à celle-ci, et il n’est pas monotone puisqu’on passe régulièrement des zones habitées aux zones agricoles ou plus naturelles comme celle-ci. Je ne m’ennuie pas.

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Me revoici au bord de l’océan.

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C’est plutôt joli. Par contre, il y a du vent. Je le ressens fortement depuis le début de l’étape et ça durera jusqu’à la fin. Ajouté à ma chaîne qui crie son manque d’huile à chaque tour de pédale, ça me fait perdre en efficacité. J’espère pouvoir couvrir la distance que je suis censé couvrir en deux jours.

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Je suis étonné de voir des vaches (en vrai ou en décoration), car dans mon esprit cet animal est plus associé aux vertes prairies du Doubs (ou d’ailleurs) qu’au bord de mer !

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Un panneau indique tout à coup la fin de l’itinéraire. Ah bon ?

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Pourtant, quelques dizaines de mètres plus loin, voici un nouveau panneau… d’un autre style. J’ai changé de département. Je viens de passer de la Loire Atlantique à la Vendée, dont les panneaux ont leur propre style, très homogène sur tout le département, mais différent de ce qu’on voit partout ailleurs en France.

Ils sont assez jolis, et faciles à identifier. Par contre, le texte en vert, relativement clair, nécessite de s’approcher pour lire. Ici, vous voyez sur la photo qu’ai lieu de rouler à droite j’ai dû traverser la route pour lire le panneau. Ils l’ont placé de ce côté, sur le même poteau que celui de l’autre sens, pour économiser un poteau. Dommage.

Le matériel de Clément, que j’utilise pour mon travail, fait de siennes. Je marque une petite pause pour changer une batterie, puis je repars. Ça remarche.

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Bienvenue en Vendée. Le panneau arrive à peine trop tard puisque j’avais déjà remarqué le changement de département.

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Je roule tantôt sur des départementales au trafic très modéré, tantôt sur des chemins en stabilisé bien roulant et plutôt agréable.

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Parfois le chemin n’est pas large. Ça ne me dérange pas. C’est même plutôt sympa. Mais je me demande ce que ça donne en plein été quand il y a beaucoup de trafic cycliste. Enfin, je suppose. Mais je ne connais pas la fréquentation de cet itinéraire. Toutefois, depuis mon départ, j’ai déjà croisé quelques voyageurs, alors que nous ne sommes que fin avril, et avec une météo moyennement engageante : il a fait très bon ces derniers temps (ici comme chez moi) mais depuis deux jours c’est très moyen. Enfin bon, c’est mieux que ce qu’on aurait pu attendre : compte-tenu des prévisions et et de l’état du ciel en début de journée, je m’en sors bien. Il y a peu de pluie. Je n’en ai presque pas eu depuis la sortie de Pornic, et je ne reprendrai que deux vraies (mais courtes) averses un peu plus tard dans l’après-midi.

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Celui-là a eu mal à la tronche… Il a séjourné dans l’eau salée durant un moment, dirait-on…

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En plus du jalonnement, la véloroute est bordée de panneaux d’information comme celui-ci. Il y a quelques années, lors de mes premiers voyages à vélo, je faisais l’éloge de la Suisse, avec la qualité de son jalonnement et ce type de panneaux, permettant de voyager sans la moindre carte. Je trouve que, de plus en plus, certains départements français arrivent au même niveau de qualité que la Confédération Helvétique. C’est clairement le cas de la Vendée. De plus, la philosophie d’aménagement est un peu la même : plutôt que de faire des kilomètres de voie verte en enrobé lisse, qui coûtent cher et mettent donc des années à être réalisés, on a préféré jalonné un réseau complet dans tout le département en se basant sur les routes et les petits chemins existants. Pour moi c’est la meilleure approche, à condition bien sûr qu’on mette les moyens quand il le faut (par exemple quand on doit créer une passerelle pour franchir un obstacle naturel ou artificiel).

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En passant ici, j’aperçois la pluie sur ma droite, au dessus de l’océan, alors que le ciel est dégagé au dessus de moi. Bientôt, je commence à recevoir des gouttes, alors que les nuages ne sont toujours pas sur moi. C’est le vent qui me les apporte. Les nuages arrivent ensuite, et avec eux la vraie pluie, assez forte. Heureusement, ça ne dure que quelques minutes.

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Petite hésitation ici car il y a un chemin sur la digue, et un en contrebas, et pas de panneau. C’est juste pour contredire ce que je viens d’écrire… ?

Qu’à cela ne tienne, les deux chemins étant parallèles, je prends celui en face de moi et je verrai bien.

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Un peu plus loin, je vois que le bon chemin était celui en dessous de moi. Je profite d’une endroit où le talus est praticable, et je le rejoins.

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Bientôt, j’aperçois des éoliennes, et je me retrouve rapidement au pied de celles-ci.

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« Entrée interdite à l’intérieur des éoliennes. » Ils sont marrants, avec leur panneau. Jusqu’ici, je n’avais jamais envisagé qu’on pouvait entrer à l’intérieur d’une éolienne. Voilà comment donner aux gens de mauvaises idées qu’ils n’auraient pas eu d’eux-mêmes (ou seule une minorité de la population). Les gens qui font les panneaux devraient étudier la psychologie.

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La véloroute emprunte durant un certain temps un petit sentier bien roulant, parfois au bord de la route, parfois non. Il est parfois assez étroit.

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Amusant : ici, il y a carrément un sentier pour les vélos et les piétons, et un autre pour les véhicules agricoles. C’est la première fois que je vois un « site propre » parallèle à un chemin quasiment sans trafic, durant plusieurs kilomètres.

Ici, j’ai droit à une nouvelle verse, similaire à la précédente.

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Mon chemin débouche à nouveau sur une route, au bord de l’eau. Un tracteur tire un bateau. Scène sans doute très habituelle ici, mais inhabituelle pour moi : c’est un mélange de quelque chose qui m’est très familier (un tracteur) et de quelque chose qui ne l’est pas du tout (un bateau). Bien sûr, il y en a sur les rivières dans ma région. Mais les rares fois où j’en vois sur la route, ils sont tirés par des voitures. Pas par des tracteurs.

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Un coup d’œil derrière moi. Joli arc en ciel.

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Un tracteur de marque International, donc rouge à l’origine, mais qui est totalement noir (le contrejour accentuant encore cet effet). Je me demande si c’est le seul marin qui fait ça.

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Tout à coup, ma véloroute, qui alternait petites routes et chemins, débouche sur une départementale importante. Mais pas n’importe laquelle : celle qui mène à l’île de Noirmoutier par le célèbre passage du Gois.

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Le passage du Gois, c’est une chaussée submersible. Ça veut dire qu’elle n’est praticable qu’à marée basse. Quand l’eau monte, vous ne pouvez plus passer. Il faut faire le détour par le pont de Noirmoutier. Cet un endroit assez touristique, et beaucoup photographié depuis longtemps.

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Mais le détour est très long (et le pont n’existe que depuis le début des années 70). C’est pourquoi de nombreux usagers, depuis toujours, sont tentés d’essayer de passer quand la marée monte déjà, à leurs risques et périls.

Pour certains, ça se termine bien et ça donne de jolies photos, de véhicules semblant triompher sur les éléments.

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D’autres n’ont pas cette chance. La nature leur rappelle qu’elle est plus forte que tout. S’ils arrivent à s’extirper à temps du véhicule, ils peuvent se réfugier sur les plate-formes prévues à cet effet.

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Bien que le pont existe, ce type d’accident arrive encore de temps en temps.

En ce qui me concerne, je m’étais fixé aujourd’hui l’objectif de faire mon travail sur la véloroute jusqu’à cet endroit, en espérant arriver assez tôt pour franchir le passage.

En effet, mon but de ce soir va désormais être d’atteindre le petit village de l’Épine, où j’ai trouvé un hébergement via Warmshowers. C’est sur l’île, et seulement à 15 kilomètres de moi par le Gois.

Malheureusement, il me semble qu’il est probablement trop tard pour passer. Je vais aller voir sur place.

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Je suis doublé par un gros manuscopique. Est-ce que ça veut dire qu’il est assez haut pour passer ? En fait, non. Je le vois tourner un peu plus loin.

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Le trafic est nul malgré l’importance de la route. Je suis donc à peu près certain que ça ne passe plus.

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Je suis étonné en arrivant sur place : la signalisation donne beaucoup d’informations (heure de la marée, heure actuelle…), mais ne dit pas clairement « vous pouvez passer » ou pas.

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Mais le calcul est vite fait : il est 18h26, et la marée basse était à 16h12 dont il y a plus de deux heures. J’ai entendu et lu qu’on pouvait passer environ une heure, voire une heure et demie, avant et après la marée basse. À cette heure ci, c’est foutu.

La prochaine basse mer est 4h41…

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Je m’approche quand même, car à défaut de pouvoir passer, l’endroit est une attraction qu’il faut avoir vue au moins une fois dans sa vie.

Un homme me dit « Ça passe encore, à vélo. »

J’ai un gros doute. Il est vrai que devant moi, la route est dégagée sur une certaine longueur. Mais il me semble qu’au loin il y a déjà beaucoup d’eau.

En fait, il blaguait (quel comique).

Nous échangeons quelques mots. Il me dit que la dernière voiture est passée il y a une demi-heure. « C’était un gros 4×4. Mais il a eu chaud. »

Voilà. J’ai vu le passage du Gois de mes propres yeux. Mais je n’ai pas pu y passer. Dommage.

Je reviens sur mes pas. Je vais chercher à rejoindre le pont de Noirmoutier au plus court, sans trop chercher à suivre la véloroute.

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Au début, je pense que je vais pouvoir aller tout droit, en suivant plus ou moins la côte vers le sud. Mais en fait non. Je comprends assez rapidement que tous les chemins qui partent dans cette direction sont des impasses qui butent sur des cours d’eau et des marais salants.

Si vous regardez l’extrait de carte que j’ai photographié plus haut, il y a bien un itinéraire qui passe par là, mais une petite partie est en gris. Un gris qui signifie « en project ». Et c’est bien dommage.

En attendant, il va me falloir faire un énorme détour : au lieu de 15 km, il me reste 35 km à parcourir pour atteindre l’Épine, si je ne suis pas la véloroute mais que je tente de passer au plus court, en incluant des départementales importantes.

C’est parti. Je maudis ma chaîne non huilée, et pédale le plus fort possible.

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Je prends quelques photos en roulant, mais je ne traîne pas.

Jusqu’ici, j’ai avancé lentement : j’ai parcouru 37 km depuis Pornic. En effet, le travail que je dois réaliser consiste à noter beaucoup de choses, et donc j’avance forcément lentement.

Cette fois, comme je ne travaille pas, je vais tenter de parcourir la même distance en beaucoup moins de temps. Avec le vélo Koga que je me suis fait voler, ça aurait été facile. Avec le Brompton et sa chaîne non huilée, c’est moins évident.

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Il n’est pas facile de demander l’itinéraire à Google Maps car il ne veut passer que par le Gois (à cause du détour). Impossible de lui dire d’éviter ce passage. Il faut donc ruser en ajoutant des étapes intermédiaires. C’est simple sur un ordinateur, mais ce n’est pas facile sur un écran de téléphone.

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Je prends des grandes routes à plusieurs reprises car c’est le plus efficace.

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Parfois je me retrouve sur la véloroute, quand elle semble constituer un raccourci par rapport à la route.

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J’arrive bientôt à quelques kilomètres du pont. Mon téléphone sonne. C’est Marie, qui va m’héberger ce soir, qui m’appelle. Elle me demande où j’en suis. Elle propose de venir me chercher en voiture, et j’accepte car sinon je vais arriver chez elle beaucoup trop tard.

Elle me donne rendez-vous sur l’île, juste après le pont.

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J’approche du pont. Il est signalé par des panneaux provisoires. Je ne sais pas trop pourquoi.

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J’arrive à la route qui le franchit.

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Elle est munie de bandes cyclables, mais celles-ci s’arrêtent justement avant le pont, là où les panneaux m’ont amené. Il va falloir prendre la chaussée.

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Je roule sur la chaussée. Il y a, la plupart du temps, une surlargeur assez confortable.

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Je comprends rapidement que, du côté gauche de la chaussée, derrière le muret en béton, il y a une belle piste cyclable à double sens.

Malheureusement, celle-ci est fermée pour une raison que j’ignore.

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Je monte sur le pont. Il y a du relief, du vent et du trafic.

Mais que vois-je devant moi ?

Des panneaux m’interdisent d’utiliser l’espace à droite de la chaussée, pourtant située entre deux barrières, et totalement dénué de piétons puisqu’il n’y a pas de trottoir arrivant jusqu’ici !

Mais à quoi pensent les aménageurs ?

On coupe une piste cyclable importante, qui permet de franchir un passage dangereux, et au lieu d’utiliser cet espace à titre provisoire, on y place une signalisation, qui n’est pas là d’habitude, pour l’interdire !

Il y a des (grosses) baffes qui se perdent.

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Il va de soi que je fais fi du panneau et passe par le seul endroit où ma sécurité est garantie.

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Voilà bientôt le responsable de la coupure de la piste cyclable : cet engin qui sert à faire des travaux. On remarquera que, techniquement, on peut passer dessus. C’est prévu pour.

Mais plutôt que de trouver une solution qui permette aux cyclistes de passer, au moins hors des horaires de travail, on a préféré couper. C’est ridicule et stupide.

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J’arrive en bas du pont. Mon téléphone sonne. C’est Marie. Elle me demande où j’en suis. Elle me dit d’aller jusqu’au rond-point. J’y suis justement. Elle me dit qu’elle va s’approcher. J’entends une voiture démarrer. J’avance de 30 mètres et je la vois.

Le vélo et le matériel sont rapidement chargés dans sa 306 break qui semble en très bon état. Elle a peu de kilomètres. Marie me dit qu’elle n’aime pas conduire.

Elle est content que j’aie un vélo pliant car elle fait du jardin et avait déjà beaucoup de matériel dans la voiture. Mais avec un Brompton, pas de problème : nous avons casé facilement le vélo, mes deux sacoches, et la sacoche avant de Brompton que Clément m’a prêtée.

Nous roulons un certain temps pour arriver chez elle. Il m’aurait bien fallu une heure de plus si j’avais tout fait à vélo. En plus, la route principale est à 4 voies, interdite aux vélos. J’aurais encore dû faire des détours…

Nous voici arrivés.

Mon vélo prend sa place dans le garage, à côté du joli vélo de Marie.

Elle a peu voyagé avec, mais a quand même déjà parcouru un morceau de la Loire à vélo, avec son fils Ulysse, un nom prédestiné au voyage. En parcourant la Vélodyssée, il fallait bien que j’entende parler de lui.

Ulysse n’est pas là, mais il a tenu à mettre sur mon lit quelques jouets, pour me faire plaisir. Il y a une poupée, un gros camion de pompiers, une peluche…

Marie me précise que le pompier s’appelle Bicarbonate. Désormais, quand je verrai le mot bicarbonate sur un emballage, je penserai à ce petit pompier en plastique.

Nous mangeons ensemble, et discutons durant un moment. Ensuite, je prends ma douche tandis que Marie va se coucher. Je ne traîne pas non plus.

Vendredi 26 avril.

6h15.

Mon réveil sonne. Marie est déjà réveillée, et moi aussi car mon lit se trouve dans une pièce qui est un passage entre sa chambre et le reste de la maison. Je l’ai donc entendue traverser deux fois.

Tant mieux. De toute façon, il ne faut pas traîner.

Elle doit partir au travail à 6h45.

Moi je dois partir le plus tôt possible car je dois repasser par le pont. En effet, pour passer par le Gois, il aurait fallu que j’y sois avant 5h du matin, ce qui voulait dire se lever avant 4 heures compte-tenu de la bonne dizaine de kilomètres qui m’en sépare. Ça n’était pas envisageable du tout.

Je me prépare rapidement et nous partons en même temps.

Sur les conseils de Marie, je m’engage dans une rue qui rejoint la piste cyclable, puis une autre. Effectivement, j’arrive sur une piste cyclable en site propre, tantôt éloignée de la route, tantôt parallèle à celle-ci.

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Les voitures ont encore les phares allumés. Le Brompton de Clément a un bon phare à l’avant, mais le feu arrière ne fonctionne pas. Entre ça et la chaîne non huilée, c’est dommage pour un ancien membre actif d’un célèbre atelier vélo associatif Nantais (c’est comme ça qu’on s’est connus).

Ça me rappelle l’époque où j’habitais en ville à plein temps. J’étais assez porté sur la procrastination concernant la mécanique vélo. Depuis que je me suis réinstallé à la campagne, où je peux faire facilement de la mécanique vélo et même auto, je ne laisse plus rien traîner. Enfin, sauf les grosses opérations sur les gros véhicules, qui demandent du temps et souvent l’aide d’autres personnes. Mais concernant les vélos, plus rien ne traîne.

Revenons sur l’île de Noirmoutier. J’avance efficacement sur la piste cyclable, de bon matin.

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Lorsque la piste s’arrête, un jalonnement m’envoie sur des petites routes. Bien que je ne sois pas sur une véloroute importante, il y a toujours un excellent jalonnement. S’il n’y avait pas cette gestion absurde et stupide des travaux sur le pont de Noirmoutier, j’aurais envie de féliciter la Vendée pour son réseau cyclable.

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Le jour se lève. Je roule le long du petit bras de mer qui se trouve entre l’île et le continent.

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Me revoici sur des pistes en site propre, non revêtues mais très roulantes.

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Bientôt, j’arrive au Gois.

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Bien sûr, je sais que je ne pourrai pas passer. Par contre, je vais aller voir. À défaut de l’avoir franchi, j’en aurai vu les deux extrémités.

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Contrairement à l’autre extrémité, il n’y a pas d’ambiguïté ici : la route descend directement dans l’eau, et on voit clairement que c’est profond.

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Il y a cette vieille Mercedes, et un photographe qui a les pieds dans l’eau.

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Il y a cette digue qui semble en cours de rénovation. Je monte dessus, et mange ce qu’il me reste dans mes sacoches (fruits, biscuits…).

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Le photographe a terminé son œuvre. La Mercedes s’en va. Je sens l’odeur de son vieux moteur diesel. À une époque, j’aurais sans doute écrit quelque chose de négatif à ce sujet. J’aurais peut-être même osé penser que la place de ce genre de bagnole était à la casse.

Aujourd’hui, j’ai pris conscience du gaspillage monstrueux et du scandale écologique que représentent en réalité les différentes mesures prises pour inciter voire obliger les gens à racheter des véhicules neufs (primes à la casse, zones soi-disant à faibles émissions, etc.). Mesures qui sont d’ailleurs prises au nom de l’environnement, avec toute l’ironie et le cynisme dont sont capables nos chers décideurs.

Je suis donc plutôt content de voir passer cette vieille Merco, même si c’est un diesel qui pue, et même si c’est loin d’être mon modèle de voiture préféré. Je sais que les quelques kilomètres parcourus par son propriétaire à son bord ont un impact bien plus faible sur la planète que son éventuelle destruction et la production d’un véhicule neuf (plein d’électronique) qui la remplacerait.

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Évidemment, je ne suis pas en train de nier l’impact écologique des déplacements en voiture. Mais si l’on veut réduire l’impact écologique de l’automobile, c’est sur son usage qu’il faut travailler : usage du vélo et des transports en commun, transport des marchandises par le train, etc.

Continuer à utliser la voiture au même rythme qu’aujourd’hui, même en remplaçant tous les véhicules par des électriques, conduira à la catastrophe. Alors qu’un usage raisonnable, modéré, de l’automobile, y compris ancienne, n’a qu’un impact négligeable…

La Mercedes est loin. J’ai fini de manger. Je remonte sur le vélo.

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Me revoici sur la piste cyclable, en direction du sud de l’île.

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Je ne regarde pas mon téléphone. Je me contente de suivre la piste et les pannaeux.

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Quand la piste débouche sur un giratoire, je reconnais celui où j’ai retrouvé Marie hier soir. Me voici donc arrivé à l’extrémité de l’île.

Je n’ai pas vraiment vu le temps passer. C’était très agréable. Mais il est 8h30. Ça fait plus d’une heure et demie que j’ai démarré ! En tenant compte de la pause, j’ai roulé un peu moins d’une heure et demie. Marie a bien fait de venir me chercher en voiture hier soir.

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Je repasse le pont comme hier, ce qui m’oblige à rouler à gauche pour prendre le passage interdit.

Au lieu de l’interdire bêtement, ils auraient pu faire une sorte de piste cyclable provisoire sur le bord de la chaussée, pour inciter au contraire à l’utiliser.

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Me voici sur le continent. Je roule toujours à gauche. Heureusement, c’est large. Je mets quand même pied à terre par prudence quand je croise un camion.

Un peu plus loin, je retrouve des aménagements plus accueillants pour les cyclistes.

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Je dois reparcourir, en sens inverse, tout mon trajet d’hier soir depuis la route du Gois. Pour ensuite le reparcourir à nouveau, mais en suivant cette fois strictement la véloroute pour poursuivre mon travail.

Je ne fais pas énormément de photos, déjà parce que je suis pressé, et aussi parce qu’il n’y a plus beaucoup d’espace sur ma carte SD. Je ne sais pas où se trouve celle de 8 Go que j’avais achetée à Anse lors de notre voyage dans le sud. Je pense, sans certitude, qu’elle est restée à la fac.

À un moment, je passe devant un grand Intermarché. Je me dis que quand je repasserai devant, dans la journée, il sera ouvert et ça pourra être le bon endroit pour acheter à manger (je n’ai plus rien du tout) et de l’huile pour ma chaîne.

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Je ne prends pas autant de grandes routes qu’hier. Je suis grosso-modo le jalonnement de la véloroute. Ce n’est pas le plus court, mais c’est plus simple que de consulter mon téléphone à multiples reprises comme je l’ai fait hier soir pour couper au plus court.

Je me permets tout de même de prendre quelques raccourcis quand ils sont évidents.

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10h30. Me voici à l’endroit exact où j’ai arrêté le travail hier soir.

Je ressors le matériel, et remets tout en place. Hier soir, c’était juste une histoire de batterie, mais j’ai tout rechargé cette nuit.

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Alors que j’avais roulé sous le beau temps depuis ce matin, la pluie arrive au moment où je démarre.

L’avantage, c’est que je pédale plus facilement. En effet, à défaut d’huile, le fait que la chaîne soit mouillée la lubrifie ! Évidemment, l’eau n’est pas un bon lubrifiant, d’une part car elle sèche vite, et d’autre part parce qu’elle favorise la corrosion. Mais de manière temporaire, c’est quand même mieux que rien. Je sens nettement la différence.

Je parcoure le tronçon sur lequel je dois travailler. Je ne reprends pas vraiment de photos pour ce récit, car c’est un tronçon assez homogène, qui ne comporte pas grand chose de marquant à part les quelques élements que j’ai déjà publiés ci-dessus (tracteurs, vaches, Jésus…).

J’avance assez efficacement. Vers 13 heures, j’arrive à la Barre de Monts, c’est à dire la commune sur laquelle se trouve le pont de Noirmoutier.

J’en ai donc enfin fini avec ce secteur que j’aurai parcouru trois fois en tout, alors qu’il n’a rien de particulièrement intéressant. Il n’est pas désagréable, mais c’est toujours le même type de route et de paysage, et il ne s’y passe rien.

J’approche du grand Intermarché que j’ai vu ce matin. Je vais pouvoir m’acheter à manger, et j’espère enfin pouvoir trouver de l’huile pour la chaîne du vélo. En effet, la pluie s’est arrêtée depuis longtemps, et ma chaîne, à nouveau sèche, émet des couinements plaintifs qui m’obligent à nouveau à forcer.

Je quitte la véloroute pour me rendre sur le parking… qui est vide.

Hein. Comment ça ?

C’est possible, un Intermarché de cette taille qui ferme le midi ? Je vais devoir attendre 14 heures pour faire des courses ?

Je vais voir sur la porte. Ah non, pas 14. 15 heures, en fait. Je suis dégoûté. Je n’ai aucune idée d’où je peux trouver à manger, puisqu’évidemment, lorsque ce genre de saloperie de grande enseigne s’installe dans un secteur comme celui-ci, il ne faut pas espérer voir les petites épiceries sympathiques subsister.

Le plus ironique, c’est que le magasin est ouvert le samedi en continu, et même le dimanche matin.

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Je vais devoir repartir le ventre vide avec ma chaîne qui couine. Mais je sens que je n’ai plus guère d’énergie…

Ironie du sort, au moment où je quitte le magasin, Google Maps me demande de rédiger un avis. Je ne me gêne pas pour écrire ce que je pense. Fallait pas me demander mon avis.

L’itinéraire continue dans les rues de la petite ville, qui semble être un regroupement de plusieurs anciens petits villages qui aujourd’hui se touchent tous sous l’effet de l’urbanisation.

L’un de ces villages, au pied du pont, s’appelle Fromentine. J’y arrive et passe devant un petit snack bar qui semble ouvert. Il n’y a personne, à part deux hommes au comptoir. Je demande si on peut manger. Oui.

Je laisse le vélo contre la vitrine et m’installe à l’intérieur. Je peux manger tout en surveillant mon matériel. C’est agréable.

C’est très sympathique. Je mange un burger au poisson (je suis quand même au bord de l’Océan Atlantique) avec des frites.

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Rien à dire. Très bon. Je discute un peu avec les deux hommes qui viennent de réouvrir l’établissement. Depuis hier ou aujourd’hui, je crois.

Le tarif est raisonnable.

Par contre, il faut passer par dehors pour aller aux toilettes, une curiosité que je n’ai vu jusqu’ici que dans des restaurants de centre-ville, dans des immeubles très anciens, alors qu’ici ça n’est pas le cas.

Je passe un coup de téléphone à un ami que je vais voir ce soir. En effet, si jusqu’ici je n’ai parlé que de Clément et de mon travail sur la véloroute, la suite de l’histoire va concerner d’autres amis, et quelques engins motorisés.

Nous convenons que nous nous rappellerons vers 16 heures, et qu’il viendra me chercher en voiture à un endroit que nous déciderons ensemble à ce moment là.

Je repars, rassasié. Ma chaîne crie toujours au scandale car elle voudrait de l’huile, mais au moins j’ai de l’énergie pour appuyer sur les pédales.

Je suis l’itinéraire de la véloroute, qui passe au bord de la plage. Je suis déjà passé là ce matin, mais dans l’autre sens et je n’avais pas vu qu’on avait une belle vue sur le pont. Hier soir, coupant au plus court, j’étais resté sur la rue principale.

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Me revoici dans le secteur où l’accès au pont est jalonné en provisoire.

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La suite de la véloroute est très sympathique.

Elle se compose exclusivement de pistes non revêtues, mais très roulantes, dans les bois.

Grâce aux arbres, je sens moins le vent qu’hier. En plus, il fait bon. C’est très agréable.

Il y a même cet énorme giratoire qui prête à sourire. Comme si les cyclistes avaient besoin de ce type d’aménagement.

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Je ne fais aucune photo dans la forêt car ça n’aurait pas un grand intérêt. Je préfère ne pas trop encombrer ma carte SD, et je préfère avancer dans mon travail. Durant un certain nombre de kilomètres, tout se passe bien, et puis ensuite le matériel de Clément fait des siennes. Je dois faire différents essais pour finalement comprendre que certaines batteries  ne fonctionnent pas bien avec certains appareils, alors qu’elles sont censées être standard (ce sont des batteries externes USB).

Heureusement, il m’avait parlé de ce phénomène, donc j’ai des pistes pour trouver les problèmes, mais il y a des différences entre ce qu’il m’a dit et la réalité. À force de tatonner, je finis par trouver une solution qui tient la route, mais j’ai perdu pas loin d’une heure.

Vers 16 heures, je sors de la forêt. Me voici à Saint-Jean-de-Monts. Un véritable petite station balnéaire qui s’étend tout en longueur, le long de la côte.

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Cette fois, fini les pistes en stabilisé dans la forêt. Je roule sur une belle piste en site propre en enrobé, avec parfois un peu de sable dessus mais ce n’est rien.

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Comme il n’y a pas beaucoup de monde, j’avance très vite.

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Je trouve cet endroit assez agréable, malgré le fait que c’est très bétonné et plein de voitures trop nombreuses et sans intérêt (à part le VW de la photo).

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Il fait très beau. Je n’ai pas eu de pluie depuis ce matin.

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Après ce passage au bord de mer, l’itinéraire reprend des piste en stabilisé.

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L’aménagement est parfois un peu douteux. Ici, la piste en stabilisé est carrément sur un trottoir, mais toujours en stabilisé.

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Ici, l’aménagement cyclable s’arrête. Il y a bien des surlargeurs sur la chaussée, mais elles sont bien trop étroites pour qu’on puisse les considérer comme des bandes cyclables…

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Me voici à Saint-Hilaire-de-Riez. C’est ici que j’ai rendez-vous avec mon ami, que j’appellerai Alexandre dans le récit.

J’ai dit que je connaissais cet ami via un forum sur internet mais je n’en ai pas encore dit plus. Il est temps de le faire.

Alexandre est en effet administrateur d’un forum consacré aux J7 et aux J9, forum qui m’a déjà considérablement dépanné depuis que j’ai mon J9, et également grâce auquel j’ai récupéré mon J7.

Quand je l’ai appelé pour préparer mon déplacement ici et ma visite chez lui, il m’a dit d’éviter ce week-end car il devait se rendre chez un autre membre du forum, qu’il connaît bien en vrai. Je l’appellerai Patrice dans ce récit.

Il doit s’y rendre, mais pas pour rien : il y a quelques années, Alexandre avait acheté un J7 car il n’était pas cher. Mais comme il en avait déjà un et pas besoin de deux, celui-ci avait fini chez Patrice.

Récemment, Alexandre a été contraint de mettre en pièces son J7 car il était trop abîmé. Il n’en a donc plus. Et comme Patrice a deux J7, il lui a proposé de reprendre son ancien. Voilà donc l’objectif du week-end : finir de remettre en route l’animal, et le ramener à la maison.

Alors quand il m’a dit, au téléphone, qu’il fallait que j’évite ce week-end là pour cette raison, j’ai proposé, au contraire, de venir ce week-end là afin de les rencontrer tous les deux et de donner un coup de main en mécanique ! Idée acceptée avec joie par les deux compères !

La seule contrainte, c’est qu’Alexandre souhaite qu’on parte ce soir, afin de pouvoir commencer à bricoler dès demain matin. Il dit que si je viens dormir chez lui ce soir et que nous ne partons que demain, nous perdrons une matinée. Je pense qu’il a totalement raison.

Théoriquement, ce soir, j’étais censé rouler jusqu’à Saint-Gilles. Si je m’arrête ici, à Saint-Hilaire, j’aurai fait 10 km de moins que prévu. Mais tant pis. Il fallait que Clément s’organise mieux : si j’avais pu prendre le train pour Pornic hier matin, au lieu de devoir repasser chez lui, et si j’avais eu une chaîne huilée, je serais arrivé au bout de la mission sans souci.

C’est donc pour cela que j’ai rendez-vous à Saint-Hilaire avec Alexandre.

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Nous n’avons pas encore choisi le lieu exact de notre rendez-vous. Il m’a dit qu’il se garerait et m’appellerait pour me dire où il serait.

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En attendant, j’avance. Tiens, une jolie Dyane.

Un peu plus loin, c’est un C15 bleu qui attire mon regard… Mais que vois-je juste derrière ? Deux J9.

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Je n’avais pas encore vu le moinde J depuis que je pédale sur cette véloroute. Il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre. Les C15, ça va bien 5 minutes.

Je décide que c’est l’endroit idéal, à la fois pour conclure ce mini-périple à vélo et pour débuter ce week-end consacré aux J. J’envoie à Alexandre l’adresse d’où je me trouve, et il arrive quelques minutes plus tard dans sa C5 break. Il ne connaissait pas ces deux J.

Le vélo et les trois sacoches sont chargées, et nous prenons la direction de chez Patrice qui habite en Bretagne. Je vais me rendre dans cette région pour la première fois de ma vie.

Nous reprenons grosso-modo l’itinéraire que j’ai suivi durant deux jours, mais par les grands axes routiers.

Après avoir aperçu un J9 sur le parking d’un Noz, et croisé deux J7 (et deux autres voitures anciennes) sur un semi-remorque porte-voitures (ce qui fait 5 J vus en peu de temps), nous franchissons le pont de Saint-Nazaire, dans les bouchons.

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Des cyclistes passent le pont en même temps que nous. Il y a des sortes de bandes cyclables, mais elles sont étroites.

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Remarquez que le pont comporte trois voies. Celle du milieu peut être affectée à un sens ou à l’autre selon l’état de la circulation. La séparation se fait avec des lumières qui complètent la peinture blanche.

On pourrait très bien utiliser le même système (avec uniquement des lumières) pour faire en sorte qu’il y ait deux larges bandes cyclables et deux voies de circulation aux heures creuses, et trois voies de circulation uniquement aux heures des pointes.

On pourrait aussi faire le choix politique de réduire le pont à deux voies et deux vraies bandes, en permanence, pour inciter les gens à ne plus faire de grands trajets en voiture ou à s’installer d’un côté du pont en travaillant de l’autre…

Mais ça n’est pas le cas. Les cyclistes doivent donc se contenter de bandes étroites.

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Nous quittons la Loire Atlantique. Nous voici en Bretagne.

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Interdit de s’arrêter sur une voie ferrée. Parce que d’habitude, c’est autorisé ? Ils sont fous ces Bretons.

Nous rejoignons Patrice et sa compagne qui sont en train de boire un coup dans le petit café de leur village, où l’ambiance est chaleureuse. Ils sont sympas, ces Bretons.

Ensuite, nous montons ensemble jusqu’au hangar où se trouvent les deux J.

Voici celui de Patrice. À l’origine, il était destiné à quelqu’un d’autre qui ne s’en est finalement pas servi. Patrice l’a donc gardé. Il est parti en vacances avec, avec sa compagne, l’été dernier.

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Et voici celui qui aurait dû être celui de Patrice, et qui finalement va retourner chez Alexandre.

 

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Nous en sommes à 7 J aperçus depuis 17h. Je n’en ai jamais vu autant en si peu de temps.

Je prends une bonne douche et je dors. Nous allons dormir sur place. Je dors dans une caravane près du hangar. Il fait un peu frais, mais sous la couverture il fait bon.

Samedi 27 avril.

Quand je me lève, Alexandre est déjà au travail.

 

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J’aide Alexandre et Patrice à changer les étriers de freins du J7 (qui sont grippés). Nous les remplaçons par ceux de l’ancien J7 d’Alexandre, démonté, qui sont en bon état et servaient encore très récemment.

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Après le changement des étriers et le repas du midi, c’est la purge. Pendand qu’Alexandre purge, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche, j’appuie, je relâche… Je n’avais pas encore assez pédalé en deux jours.

Une fois la purge faite, c’est l’essai sur route, qui est légal puisque le CT est encore en cours de validité, et administrativement le véhicule est encore à Alexandre et déjà réassuré.

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Verdict : le J est prêt à reprendre la route.

Une fois arrivé chez Alexandre, il y a aura du travail à faire, notamment en carrosserie, pour pouvoir passer le nouveau CT qui devra l’être dans peu de temps. Mais ceci est une autre histoire.

La fin de la journée sera principalement consacrée à quatre opérations :

- Pendre mon linge que j’ai mis à laver avant de faire de la mécanique (et le rentrer dans le hangar car il pleut).
- Fouiller dans le stock de Patrice et récupérer des pièces de J9 dont il souhaite se débarrasser pour faire de la place.
- Aller au village pour quelques courses, puis au café du village pour attendre des amis de Patrice.
- Manger et faire la fête, le soir, avec les amis en question.

Un programme bien agréable et bien équilibré.

Par contre, le soir, au moment de me coucher, il y a un ami de Patrice dans mon lit.

« J’ai repris le lit où j’avais dormi l’année dernière. » Le raisonnement n’est pas bête.

Je déplie l’autre lit de la caravane (elle est bien, cette caravane) pour y dormir.

Alors que je commence à m’endormir, des individus en état d’ébriété entrent dans la caravane. Ils viennent embêter celui qui a pris mon lit et qui dort dedans. Au début c’est drôle, mais quand ça se reproduit une deuxième fois je me dis que si je veux dormir il faut y mettre un terme. J’en attrape donc un et je le mets dehors. Ça fera une anecdote au sujet de laquelle nous pourrons rire demain (et nous n’y manquerons pas).

Après cela, je m’endors paisiblement au son des palets.

Ah oui, les célèbre palets Bretons. Ce ne sont pas que des biscuits (mes préférés, je crois). C’est aussi un jeu, similaire à la pétanque. Mais au lieu des boules, ce sont des disques d’environ 1 à 2 cm d’épaisseur, et d’environ 4 à 8 cm de diamètre. Corrigez-moi si vous êtes Breton et que je me trompe. L’avantage, c’est qu’on peut y jouer sur une surface qui ne convient pas à la pétanque. Il suffit de poser une plaque de bois sur laquelle on pose le palet qui sert de cochonnet (je ne sais plus s’il a un nom). Ensuite, on joue.

Dimanche 28 avril.

Réveil tardif pour beaucoup de mon.

Après avoir cherché sans succès un palet disparu durant la nuit, ainsi que le téléphone de Patrice qui a subi le même sort, nous remballons nos affaires.

Alexandre part avec le J7.

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Je ne tarde pas à démarrer, au volant de sa C5. Je devrais dire son ancienne C5, car elle est vendue. Il en a retrouvé une mieux. Celle-là va partir très prochainement.

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Sur le chemin, j’aperçois le 8ème J du week-end.

J’arrive bientôt chez Alexandre, avant lui car il a pris les petites routes avec son J7 en boîte 4, tandis que j’ai pris des routes à 4 voies.

Je reste dans la voiture et téléphone à Ai. L’appel n’est même pas terminé quand je vois le J7 arriver dans mon rétroviseur.

Le voici garé devant chez Alexandre, à côté de cette 2CV qui est à un de ses amis et qu’il doit finir de remonter demain matin car ce dernier l’a vendue.

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Je fais ensuite connaissance de l’épouse d’Alexandre et de sa fille, et nous partons ensuite à pied faire un tour sur une kermesse qui se tient au centre du village à l’occasion du réaménagement de la place centrale.

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Ensuite, nous partons à pied jusqu’à un hangar où Alexandre loue une place pour son J7, et où un de ses amis loue une place pour un J9.

Nous passons devant une ancienne gare.

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Nous voici dans le hangar. Il faut faire tourner un coup le J9 (le neuvième J du week-end) pour ne pas qu’il s’abîme. Alexandre le conduit un petit coup, et puis c’est mon tour.

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Après le repas du soir (il n’y a pas eu de repas de midi, d’ailleurs), je dors confortablement dans le J7.

Lundi 29 avril.

Après une bonne nuit de sommeil, nous attaquons les travaux sur la deuche. Il faut être honnête : je ne fais pas grand chose. Alexandre connaît tout, et ça va plus vite pour lui de faire que de m’expliquer. Je regarde et comprends. C’est déjà pas mal. Je l’aide pour certaines opérations, comme la mise en place des pièces de carrosserie, plus facile avec quatre mains qu’avec deux.

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Nous essayons ensuite la bête. Elle tourne, mais mal. Le prochain propriétaire aura un peu de travail. Il le sait déjà. De toute façon, elle est en état de monter sur un plateau par ses propres moyens. C’est suffisant.

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Passage des 10 000 km au compteur (qui a sans doute déjà fait au moins un tour, voire plus…).

Une fois tout cela terminé, nous passons à autre chose : nous allons mettre en pièces un Indénor 2,5L, autrement dit un moteur de J9.

Ce moteur est hors service. Par contre, je pourrai récupérer une pompe à huile dessus, et Alexandre gardera également beaucoup de pièces (culasse, etc.). Je garderai la pompe d’injection dans le seul but de la démonter et de savoir comment c’est fait, car elle est morte.

Nous commençons avant le repas, et nous terminons en fin de journée.

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À la fin de la journée, lemoteur est en morceaux. Pas démonté à 100% dans les règles de l’art, car une poulie nous a résisté et nous a obligé à sacrifier des éléments. Mais de toute façon, un certain nombre de pièces sont destinées à la ferraille. Je regrette de ne pas avoir la possibilité de le ramener chez moi, car j’aurais nettoyé chaque pièce et je l’aurais gardé en exposition quelque part, ouvert et partiellement démonté, dans un but pédagogique.

Après cette journée bien chargée,  nous regardons à la télé une émission au cours de laquelle ils restaurent (à la va-vite) des voitures, et puis nous nous couchons. Seconde nuit dans le J7 pour moi.

Mardi 30 avril.

Alexandre me dépose, en C5, à la gare la plus proche de chez lui. Pour la première fois, j’installe une application SNCF et j’achète un billet avec, car il n’y a aucun distributeur de billets à la gare (sans parler de personnel, là il faudrait remonter 20 ans en arrière). C’est lamentable, mais bon. Il y a déjà un train qui roule, c’est mieux que rien.

Me voici dans le train pour Nantes, avec mon Brompton (enfin, celui de Clément, qui va retrouver son propriétaire dans une heure), mes sacoches, et une valise à roulettes donnée par Alexandre, qui est pleine de pièces de J9 données par lui et Patrice.

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Il doit y avoir peu de gens qui voyagent avec à la fois un Brompton et une valise à roulettes de laquelle dépassent des durites.

Me voici à Nantes. Je roule en Brompton tout en tirant la valise. Les roues de celle-ci apprécient moyennement. Je sonne chez Clément, qui mets des plombes à répondre. Je comprends qu’il dormait encore.

Cinq minutes plus tard, alors que j’attends devant la porte, il m’appelle sur mon téléphone. Sa copine a fermé en partant, et il ne trouve pas ses clés.

Je vais l’attendre sur un banc et vois passer, 50 mètres plus loin, un J9… ! En pleine ville, le 10ème J depuis vendredi.

Je n’ai pas le temps de le prendre en photo. Par contre, ce coursier à vélo et son triporteur, qui s’arrêtent, j’ai le temps.

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Je vois Clément sortir de son immeuble. Nous montons ensemble. Il m’explique avoir travaillé jusqu’à 4 heures du matin, d’où son réveil difficile.

Nous débriefons. Je lui rends son matériel et les données que j’ai collectées. Je vais devoir terminer le travail chez moi, une fois rentré. C’était prévu.

Ensuite, nous mangeons et il m’accompagne jusqu’à la gare, à pied mais en poussant un vélo sur lequel nous avons mis mes deux sacoches et la valise. S’il avait fallu que je prenne tout ça tout seul, ça aurait été compliqué.

La gare de Nantes est bien faite. Il peut m’accompagner jusqu’au quai avec le vélo, grâce à des plans inclinés.

Je prends congé de lui et monte dans le TGV, qui démarre presque aussitôt. Nous n’étions pas en avance.

Je n’ai pas trouvé de solution pour ne pas passer par Paris, à part en changeant à Lyon. C’est donc ce que je vais faire. Ça augmente le prix du voyage, mais bon : impossible d’envisager les transports en commun parisiens avec un tel chargement. Et si j’avais dû m’expédier mes pièces par la Poste, ça aurait été compliqué et au moins aussi cher. Et puis bon, au prix théorique des pièces, j’en ramène pour plus que le coût de mon aller-retour complet. Alors on ne va pas tergiverser.

Dans le train, je lis un second libre de Cavanna que j’avais emmené : « La Belle Fille sur le Tas d’Ordures ». Bien que son titre soit basé sur une comparaison un peu sexiste (l’auteur étant né dans les années 20, on lui pardonne), c’est un excellent livre. On n’est pas dans un registre humoristique comme dans le livre que j’ai lu à l’aller, mais dans celui des réflexions sur l’environnement (et autres…) qui sont sonnent terriblement actuelles (hélas). D’ailleurs, l’auteur explique aussi qu’il n’aime pas le terme environnement, et sa justification à cela est très pertinente. Vous la découvrirez en lisant le livre.

Ayant commencé le livre dans le train de ce matin, je le termine aux abords de Lyon.

À Lyon, j’ai environ une heure pour changer de train. Je vais jusqu’au centre commercial face à la gare pour acheter un truc à manger car j’ai un petit creux. En chemin, je tombe sur un lourd qui tente de vendre des cartes postales soi-disant au profit de je ne sais plus qui (mais probablement de sa gueule). Quand je lui demande le prix et qu’il me répond « 18 l’une, 48 les deux » je mets quelques secondes à comprendre que 18 et 48 sont vraiment le prix en euros. S’il trouve des pigeons pour lui en acheter, c’est qu’il est fort ou qu’ils sont cons (ou les deux).

Je m’en débarrasse amicalement mais fermement, et reviens à la gare avec un pain aux raisins.

Des perturbations sont annoncées à cause d’arbres sur les voies. Heureusement, ça ne concerne pas ma ligne. Je prends mon TER en direction de Besançon. Mon billet est contrôlé pour la première fois du voyage. J’ai pourtant vu des contrôleurs dans les TGV mais ils n’ont pas contrôlé.

Avant Lons, je regarde dehors car je sais que j’ai déjà aperçu un J sous un hangar. En fait, j’en vois carrément deux. Et après Lons, par hasard, j’aperçois encore un J9 sur un parking. Ça en fait donc 13 en tout durant le voyage.

J’arrive enfin à Besançon, où je retrouve Ai et peux me coucher pour une nuit de repos bien méritée, mais courte puisque je me lèverai pour aller à un vide-grenier. Et j’irai également voir mon 14ème J depuis vendredi : à vendre 400 € à 10 km de chez moi, et qui finira donc fort logiquement chez moi deux jours plus tard. Mais ceci est une autre histoire…

 

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