Étape 12 : Lauterbourg – Besançon

3-2012-08-27 12.21.36Lundi 27 août 2012.

La nuit au camping s’est très bien passée. Le matin, nous nous rendons à la réception et expliquons que nous avons passé la nuit là, à trois personnes, avec une tente deux places, un hamac, trois vélos et une remorque. Nous payons. C’est aussi simple que ça. Aucun reproche ne nous est fait, contrairement aux prédiction de l’emmerdeur d’hier soir.

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Cette formalité étant accomplie, je me rends dans le village pour acheter à manger pour le petit déjeuner.

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Je remarquerai que dans les rues, il y a énormément de voitures immatriculées en Allemagne, comme au camping. À la boulangerie, la cliente qui entre avant moi dit bonjour en Allemand, et discute avec la boulangère exclusivement dans cette langue. C’est à peine si j’ose parler Français quand c’est mon tour. Heureusement, la boulangère est parfaitement bilingue. Je pense qu’elle est Française.

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Je reviens au camping. Nous mangeons notre petit-déjeuner puis nous remballons pour la dernière fois notre matériel, et nous démarrons.

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Il fait beau. C’est presque dommage de ne pas rouler et de prendre le train. Mais nous avons tous les trois envie de rentrer, et même pas trop le choix. C’est bientôt la rentrée, et le moment de reprendre le travail ou les études… Par ailleurs, je sens qu’Alexandre en a marre. Je pense que ça lui a fait du bien d’être juste avec nous et plus avec le groupe entier (et ça m’en a fait aussi) mais là je crois qu’il voudrait être seul. Ça fait quand même plus de deux semaines qu’il est 24h/24 avec d’autres gens et ça n’est pas dans sa nature. Même moi, d’ailleurs, j’aimerais bien être un peu tranquille juste avec Ai.

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Pour nous rendre à la gare, l’itinéraire est plutôt sympa. Enrobé lisse…

… puis stabilisé.

On croirait une véloroute Allemande.

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Le paysage est plat mais très joli aussi.

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Nous voici à la gare.

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Nous attendons un petit moment, et voici un train.

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Nous voici à bord.

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Changement à Strasbourg. Rien à signaler.

Changement à Mulhouse. Un con à signaler.

Un con ?

Oui. Je vous explique.

Nous sommes descendus du train. Alexandre est parti dans la gare et je l’attends avec Ai dans la passerelle abritée qui passe au dessus des voies.

Nous avons posé les vélos contre les murs, là où ça ne gêne personne a priori.

Personne ? C’était sans compter le seul type qui veut consulter une fiche d’horaires grande comme une demi feuille A4, sur le mur, juste là où se trouve le vélo de Ai.

Il s’approche, tellement qu’il tape dans le vélo qui tombe et me tombe dessus.

Je ne dis rien. Après tout, la maladresse n’est pas un crime. Il aurait pu s’excuser ou, mieux, nous indiquer qu’il voulait consulter la fiche pour qu’on déplace le vélo. Il ne l’a pas fait. Mais ça n’est pas bien grave.

Mais monsieur ne l’entend pas de cette oreille. Il lâche « En même temps, c’est très intelligent de mettre un vélo devant un panneau d’affichage. »

Je lui fais remarquer gentiment qu’il n’y avait pas besoin de taper dans le vélo pour consulter le panneau (le vélo ne cachait pas du tout le panneau), et qu’il m’avait fait mal en  me faisant tomber un vélo chargé dessus, mais que malgré tout je ne m’étais pas permis de lui faire des reproches.

Là, il répond « Oh je vous ai fait mal. Quand on est fragile à ce point, on ne voyage pas à vélo. »

Je ne sais pas trop ce qui me retient, sachant que monsieur est à peu près aussi impressionnant qu’une mouche à merde à l’agonie, de lui expédier mon poing dans la gueule suffisamment fort pour envoyer celle-ci rebondir contre le mur. Histoire de bien lui montrer ma fragilité.

Sûrement mon éducation beaucoup trop gentille. Ou tout simplement le bon sens, qui me fait penser que si je fais ça j’aurai des ennuis, éventuellement avec des gens en uniforme. Et que tout ça risque de nous mettre en retard. J’ai quand même envie de rentrer.

À ce moment là, Alexandre revient, alors je lui dis « Alexandre, je te présente un con », en montrant mon nouvel ami.

Alexandre est surpris. « Un con ? ».

Oui. Je lui relate l’histoire, devant le con en question. Il est perplexe. Le con ne dit plus rien, sans doute parce que nous sommes deux hommes et qu’il n’est vraiment pas bâti pour faire le malin.

Je suis quand même un peu triste. Après un aussi beau voyage en Allemagne, nous sommes à peine revenus dans notre pays que nous tombons sur un emmerdeur au camping de Lauterbourg, et sur un véritable con de première catégorie à la gare de Mulhouse.

Nous descendons sur le quai. Notre train va arriver. Nous embarquons et tout va bien.

Changement à Belfort. Un ratage de frère à signaler.

Un ratage de frère ? Oui. Il se trouve que mon frère est à Belfort, comme d’habitude puisqu’il y vit. Alors comme je sais que nous avons du temps entre les deux trains, je lui envoie un SMS pour lui dire que s’il est dans le coin il peut passer nous voir. Mais il ne répond pas tout de suite, alors je pense qu’il n’a pas vu le message ou qu’il n’a pas le temps.

Nous descendons sur le quai en arrivant à Belfort, et découvrons qu’il y a un train dont nous ignorions l’existence, qui va partir pour Besançon dans 5 minutes. Nous avons juste le temps de décharger les vélos et de les mettre dans ce nouveau train. Là, mon téléphone sonne. C’est mon frère qui est en train d’arriver à la gare. Merde alors.

Il arrive sur le quai moins d’une minute avant le départ du train. Nous discutons donc à travers les vitres du train, par téléphone, et le train démarre. Il est un peu venu pour rien. Bon. Ça lui aura fait faire une balade à vélo. Il fait beau, après tout.

Arrivée à Besançon. Nous descendons du train et disons au revoir à Alexandre. Nous avons été contents de faire ce voyage ensemble. Nous ne pensons pas renouveler l’expérience, car lui-même ne sait pas s’il fera de nouveaux voyages à vélo (seul ou en groupe). Mais nous ne regrettons rien. C’était une bonne expérience, avec beaucoup plus de bons côtés que de mauvais.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au Casino des Chaprais pour faire des courses. Depuis peu, le magasin a déplacé un ancien abri à caddies, qui avait été enfoncé par une voiture, pour en faire un parking à vélos. C’est à la fois un progrès par rapport à l’existant (il n’y avait rien) et représentatif de la façon donc on considère le vélo ici. Alors qu’en Allemagne, nous avons vu dans les villes d’immenses parkings à vélos, ici on se contente de 4 places sur un pince-roues merdique, mal placées, et abritées par chance parce qu’on avait un ancien abri à caddies dont on ne savait pas quoi faire.

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Aujourd’hui, le parking est d’ailleurs encombré par des déchets.

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Je surveille les vélos pendant qu’Ai fait quelques courses.

Nous prenons la direction de chez nous, à 500 mètres environ.

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Nous voici arrivés. Plus qu’à ouvrir le garage, sortir nos vélos de ville, sortir la ZX pour la remettre dehors et avoir de la place dans le garage pour les vélos et le bricolage, et rentrer chez nous pour manger et dormir dans un vrai lit.

Bilan de l’étape :

Une étape presque intégralement dans les trains. Un retour moyennement agréable, entre le con de Mulhouse et mon frère raté de peu. Mais bon, il fallait rentrer. Nous sommes à la maison, à la fois contents d’être rentrés et de pouvoir dormir ce soir dans un vrai lit, et ravis tout de même de cette belle expérience du voyage en groupe en Allemagne.

Bilan du voyage :

Au total, nous aurons parcourus, durant ce voyage, durant les étapes à vélo, et donc sans compter les kilomètres à l’intérieur des villes étapes et pour rejoindre les gares :
- 237 km pour Bénédicte et Geoffrey.
- 365 km pour Julie.
- 421 km pour Michou, Amélie et Quentin et Ugo (mais je ne sais pas si ce dernier a refait des étapes à vélo après avoir quitté Tübingen en train),
- 722 km pour Ai, Alexandre et moi.

Ça n’est pas notre plus long voyage, mais c’est déjà pas mal. Je pense que si l’on rajoute les kilomètres effectués dans les villes étapes, la distance doit être à peu près la même que celle de notre premier voyage qui est aussi le plus long jusqu’à maintenant. Et il ne faut pas oublier que nous avons franchi de très importants reliefs après avoir quitté Freiburg. Ça, ça compte beaucoup.

Ça, c’est pour le bilan chiffré.

Pour le bilan humain, je ne vais pas écrire un roman car j’ai à peu près déjà tout dit. Je suis ravi d’avoir vécu cette expérience.

Le voyage en groupe est différent du voyage seul ou avec seulement une personne à la fois. Ça a d’énormes avantages. Nous avons bien ri tous ensemble, et dans les passages difficiles comme les reliefs de la Forêt Noire c’est très agréable d’être en groupe pour s’entraider.

Par contre, ça a aussi des inconvénients, comme l’inertie liée au groupe lorsqu’il faut prendre une décision ou bouger, le fait de devoir attendre des retardataires vraiment très en retard, ou encore le fait d’être amené à s’engueuler avec un élément ayant du mal à respecter les règles du code de la route, par exemple.

Sur le moment, je n’ai pas envie de retenter l’expérience à court terme. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, cinq ans plus tard, ça me tenterait à nouveau. Ça ne me dérangerait pas de refaire le même voyage, ou un autre, avec certains des participants à celui-ci, ou d’autres…

Épilogue :

Après notre retour, nous reverrons assez rapidement les autres.

Geoffrey et Bénédicte, qui nous avaient quittés à Freiburg, sont bien rentrés et ont repris leurs activités normales rapidement. Je ne crois pas qu’ils aient refait des voyages à vélo depuis, ensemble ou séparément, mais je sais qu’ils en avaient déjà fait avant. Ils ne seront plus bénévoles de Vélocampus après le voyage. Bénédicte ne le sera en fait jamais, à l’inverse de Geoffrey qui l’aura été avec assiduité avant le voyage. Ils resteront tous les deux cyclistes assez réguliers, pour leurs déplacements urbains, même si Geoffrey passera à la voiture pour certains déplacements.

Michou, Julie, Quentin, et Amélie, restés les derniers à Tübingen, sont allés interviewer des cyclistes dans le rues pour avoir de la matière pour notre étude, puis sont rentrés en train. Rentrer en train avec le tandem et la remorque n’aura pas été de tout repos mais ils y arriveront. Notre couple sera même assez fou, l’année suivante, pour vouloir repartir avec la même configuration jusqu’en Autriche, en TGV, pour prendre l’Eurovéloroute 6. Cela leur vaudra, dans le TGV, une amende pour bagages encombrants et une sérieuse remontrance du contrôleur. J’imagine en effet la tête du contrôleur voyage le tandem et la remorque dans le TGV pas du tout prévu pour cela… Je sais que cette expérience ne les arrêtera pas, et qu’ils continueront le voyage à vélo, en tandem et sur des vélos séparés. Quentin refera un voyage à vélo avec moi la même année, mais n’en fera plus d’autres à ma connaissance. Michou deviendra président de l’association. Amélie y sera bénévole durant encore de nombreuses années. Quentin, après son service civique, sera salarié durant deux ans puis à nouveau bénévole. Julie ne repassera qu’épisodiquement, plutôt pour réparer son vélo. Tous ces gens là resteront cyclistes pour leurs déplacements urbains.

Ugo est bien allé à Berlin en train. Apparemment, il s’est bien amusé. Par contre, au retour, il laissera son vélo cinq minutes sans surveillance à la gare de Strasbourg. Cinq minutes de trop. Il ne le reverra plus, ni ses sacoches, ni même la bâche que je lui avais prêté. Il me proposera de me la rembourser, ce que je refuserai bien évidemment. Il ne faut pas exagérer. Je le recroiserai à plusieurs reprises dans la rue. Je n’ai rien contre lui, et je pense que c’est réciproque. Les quelques prises de tête que nous avons eues sont du passé. Je ne sais pas s’il refera des voyages à vélo après celui-ci, mais je pense qu’il restera cycliste pour au moins une partie de ses déplacements.

Alexandre deviendra un peu cycliste urbain après le voyage, avant d’arrêter progressivement. Il ne refera pas, à ma connaissance, de voyage à vélo. Il en envisageait un beaucoup plus long (avec l’Inde pour objectif) mais ne le fera pas. J’ai revu son vélo chez son père, rangé à l’abri mais inutilisé. Il ne reviendra pas, ou très rarement, dans l’association.

Quant à Ai et moi, vous connaissez la suite, que ce soit en terme de voyages à vélos (tous racontés ici), de déplacements à vélo toujours réguliers en milieu urbain, ou encore de notre investissement dans l’association (qui sera encore très fort pour Ai durant quelques années, tandis que je m’en retire un peu, avant que les choses ne s’inversent puisqu’Ai arrêtera totalement tandis que je reviendrai comme salarié puis comme bénévole occasionnel).

Et notre étude, alors ?

Là, il faut souligner le travail remarquable de Quentin.

Quentin n’est pas sociologue. Pas plus qu’aucun d’entre nous. Il n’y aura jamais de vraie étude publiée.

Par contre, Quentin est un Artiste. Il a fait les Beaux-Arts. Il est graphiste, photographe, et se débrouille bien également en montage vidéo.

À la suite de notre voyage, il montera une superbe exposition de photos, agrémentées de quelques accessoires (notamment un panneau de piste cyclable Allemand, récupéré lors d’un autre voyage), fera un très joli film mêlant les interviews des cyclistes Allemands et nos propre aventures durant le voyage, et fera pour teminer, un très beau livret racontant tout cela.

Alors certes, ça n’est pas une vraie étude sociologique des différences entre l’usage du vélo en France et en Allemagne, mais c’est quand même un travail qui peut permettre à tout français intéressé par le sujet de se pencher sur celles-ci, et pourquoi pas de se motiver à réaliser une vraie étude sociologique… en allant à Tübingen vélo ?!

 

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