Les Puces de Lyon, la disparition, et le retour à Besançon

20170820_095642Nous sommes le dimanche 20 août. Nous sommes arrivés hier au bout de notre voyage à vélo, mais nous ne sommes pas encore rentrés à Besançon. Nous avons dormi chez Antoine au sud de Lyon.

Le programme de ce matin est connu : aller aux Puces du Canal. Il s’agit d’un marché aux puces ouvert tous les dimanches au même endroit, sur la commune de Villeurbanne, mais du côté de Vaulx-en-Velin par rapport au canal. Je suis déjà passé plusieurs fois devant cet endroit en juin dernier, quand j’étais venu à Lyon pour ma thèse. En effet, l’itinéraire suivi à vélo ce jour là dans le cadre de la journée d’études passait devant et, en plus, Caroline, qui m’hébergeait, habite le secteur. J’y suis donc passé au moins six fois en trois jours, et cela m’a donné envie de revenir quand ça serait ouvert.

C’est pour cela que, quand Antoine m’a proposé ça, j’en ai été ravi.

Pour aller aux puces, plusieurs options sont possibles : prendre le J7, prendre la 2CV, ou prendre les vélos.

Si nous allons à vélo avec toutes nos affaires, je ne sais pas trop où nous les laisserons pendant que nous serons aux puces. Il faudrait plutôt aller à vélo sans nos affaire, et revenir les chercher plus tard. Mais ça représente des kilomètres et du relief.

Nous pourrions aussi prendre la 2CV, mais ça veut également dire que nous devrons revenir chez Antoine chercher nos affaires.

Par contre, une solution simple serait de prendre le J7. Nous irons aux puces avec nos vélos et toutes nos affaires dans le camion, et ensuite nous pourrons aller directement à la Demeure du Chaos. Soit en J7 si Antoine veut venir aussi, soit à vélo. Ensuite, dans tous les cas, nous aurons nos vélos et nos affaires avec nous pour aller à la gare.

Dans tous les cas ? Hmm…

Nous chargeons nos vélos dans le J7. Certaines sacoches sont décrochées depuis hier soir. Nous les posons à même le sol dans le véhicule. Le véhicule n’est pas tout à fait vide : il contient un peu de matériel récupéré récemment par Antoine. Mais ça n’est pas gênant.

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Nous démarrons. Antoine conduit énergiquement, et ça m’étonne un peu car le moteur est froid. Mais il pense que cela n’abîme pas le moteur. Personnellement j’ai toujours préféré laisser chauffer mon J9 avant de démarrer, sauf urgence absolue.

En tout cas, même si son aspect extérieur n’est pas très rutilant, ce J7 tourne et roule vraiment très bien.

Contrairement à mon J9, ce J7 est muni d’une banquette double, un accessoire bien pratique aujourd’hui…

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Nous prenons un tronçon d’autoroute et coupons le passage à niveau le plus large d’Europe d’après Antoine. Il coupe six voies de circulation ! Il est toujours en service, mais n’est utilisé que quelques fois par an, et des mesures exceptionnelles sont prises pour couper la circulation dans ces cas là.

Nous approchons des puces, et je vois Antoine chercher une place de stationnement dans la rue. Là, j’ai un gros doute. Je l’ai dit : je connais les lieux. Je sais aussi que la première chose que m’a dit Caroline quand nous y sommes passés ensemble est de me méfier et de bien surveiller mes affaires. Pourtant, Caroline est à peu près tout l’inverse de la personne accro au 13 heures qui a peur de tout. Donc je sais que si elle m’a dit cela, c’est qu’il y a une raison.

Je demande à Antoine s’il n’y a pas un parking dans les puces. Il me répond que c’est payant. Il manœuvre et se gare sur le trottoir, juste en face de l’entrée du camp qui se trouve à côté des puces, où des personnes vivent dans des caravanes. Probablement des gens du voyage poussés à la sédentarisation comme c’est de plus en plus souvent le cas.

L’idée de stationner là me déplaît pour plusieurs raisons. Déjà, c’est un trottoir et c’est pour les piétons. Ensuite, celui-là est aussi pour les cyclistes. Pas officiellement, mais comme il y a une piste cyclable qui arrive juste au dessus et que l’aménagement est mal fait, on est plus ou moins obligé de passer dessus à vélo. Enfin, je sais très bien qu’on ouvre un J7 plus facilement qu’une boîte de conserve et qu’il y a nos vélos à l’intérieur.

Pour le coup, il n’a pas une très bonne idée, Antoine.

Mais en deux temps trois mouvements, Antoine a garé le véhicule, et je n’ai pas vraiment le temps de réfléchir et d’insister pour qu’on se mette ailleurs. Peu importe, je me dis que tout se passera bien. Il y a quand même beaucoup de monde dans cette rue en ce dimanche matin.

Nous prenons même deux photos avec le J7.

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Antoine fait ensuite le tour du véhicule et vérifie que tout ferme bien. Ça me rassure un peu.

Nous entrons dans les puces.

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À l’intérieur, c’est vraiment joli et j’oublie vite mes craintes.

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Il y a des professionnels et des particuliers qui déballent ponctuellement dehors, et des professionnels et particuliers qui possèdent leurs propres boutiques, soit dans un bâtiment, soit dans un conteneur, soit dans une halle…

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Je visite tout, mais je comprendrai ensuite que ce qui est le plus intéressant pour moi sont les stands extérieurs.

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Il va de soi que j’aime beaucoup ce conteneur…

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Je repère ce joli jouet qui, au cas où cela vous aurait échappé, est un J7. Puis je lève les yeux et réalise que c’est Antoine qui est penché au dessus. Nous nous étions perdus de vue. Il fallait un J7 pour que nous nous retrouvions.

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Certaines boutiques sont vraiment très belles.

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En milieu de matinée, Antoine fait quelques achats et repart les mettre dans le J7.

Pour ma part, je ne fais que de petits achats : un petit porte-clé en forme de borne de la Nationale 7, portant l’inscription « N7 – Montélimar – Nougat – Gerbe d’Or » (difficile de trouver mieux comme souvenir du voyage), un livre datant des années 70 sur l’enseignement du cyclisme de l’école à la compétition, et enfin une vieille carte de France, en Français et en Allemand, d’un éditeur Suisse. Le tout sur le même stand, pour un coût total de 4 €.

Un ami m’envoie un SMS. Il est à la brocante de Champlive, près de chez moi, et a vu des garnitures de freins de J9. Le temps que je lui réponde il a quitté la brocante. Dommage. J’essaie d’appeler ma famille mais personne n’est au vide-greniers. Bon, en même temps, je crois que j’en ai d’avance. Et puis des vieilles garnitures pleines d’amiante, je ne suis pas sûr que ça m’intéresse tant que ça. Parfois il faut savoir acheter du neuf.

Nous retrouvons Matthieu, qui est lui aussi venu aux puces, avec des amis.

J’achète un vinyle pour 2 €.

Il va bientôt être l’heure de partir, mais nous tournons encore une dernière fois. Nous retournons sur un stand où il y a des pièces des vieilles voitures. Je tente d’appeler mon frère car je vois des pièces de traction, mais il ne répond pas. J’achète pour 5 € une durite neuve, siglée Peugeot Talbot, qui ressemble fortement à celle que j’ai cherchée en vain pour mon J9 durant des mois (avant de finir par la remplacer par une durite de J7 qui n’a pas tout à fait la même forme mais qui s’adaptait correctement). Et juste avant de partir, je réalise que l’essuie-glace que la fille du vendeur vient de déballer pour jouer avec, contre l’avis de son père, est un essuie glace de J9. Il est à moi pour 2 €.

De son côté, Ai a trouvé deux livres.

Nous quittons les puces, plutôt satisfaits de nos achats intéressants mais fort peu onéreux.

Nous avons réfléchi et décidé de ne pas aller visiter la Demeure du Chaos. Nous préférons rentrer à Besançon plus rapidement, et revenir la visiter ultérieurement.

Nous hésitons entre reprendre nos vélos pour aller à la gare, ou demander à Antoine de nous déposer directement devant celle-ci. Il faut que nous vérifions les horaires des trains pour prendre une décision…

À moins que quelqu’un n’ait décidé à notre place.

Nous regagnons le J7, qui trône fièrement sur son bout de trottoir. Mais alors que je prends cette photo, j’entends Antoine dire que « Nous avons un problème ».

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Un problème ? J’ai juste le temps de me dire que j’espère qu’il n’est pas grave car cette fois j’ai envie de rentrer vite… et puis je comprends.

En voyant qu’Antoine tient dans sa main la porte du J7, ouverte et avec une vitre à moitié enlevée, mon premier réflexe est de regarder dans le véhicule… qui est bien trop vide.

Il n’est pas tout à fait vide : il reste le matériel d’Antoine qui traînait par terre, ses achats du matin, le panier du vélo de Ai et son contenu, et une de mes deux sacoches Ortlieb bleues avec son contenu.

C’est tout.

Vous avez bien compris : une bande de connards vient de nous voler mon vélo de voyage que j’ai depuis 2012, ainsi que toutes nos affaires : vêtements, documents, matériel de camping, nourriture…

Je suis dégoûté.

Ai ne réagit pas beaucoup. Elle est triste, mais a perdu moins d’affaires dans l’histoire. Il faut dire que le vélo n’était pas à elle. Elle craint surtout ma réaction, car elle se souvient à quel point j’étais dégoûté lorsque nous nous sommes fait voler mon premier Peugeot NS pliant ainsi qu’un autre Peugeot que j’aimais beaucoup, à Paris, en 2010.

Ça fait donc deux fois que nous nous faisons voler des vélos, et à chaque fois c’est dans une grande ville où nous ne sommes que de passage.

Si j’habitais sur place, j’aurais l’espoir d’arriver à mener une enquête et de retrouver au moins quelques affaires, mais ici, que faire ? J’ai plus que jamais envie de rentrer. Je ne me sens pas le courage de rester ici, même un jour de plus, pour tenter d’enquêter.

Je n’ai qu’une envie : rentrer à Besançon, puis dans mon village et me remettre dans les travaux de notre maison. Effectuer une activité qui n’implique ni ville ni vélo (à part mon bon vieux vélo de la Poste, indispensable pour me déplacer dans le village) ni matériel de camping, ni rien qui puisse me faire penser à tout ce matériel disparu d’un seul coup.

Je regarde aux alentours. Rien. Pas une trace de quoi que ce soit. Je demande à des personnes qui arrivent de la piste cyclable si elles ont vu des choses traîner. Non. Je demande à un vigile des puces, qui est pourtant dans la rue. Il est au téléphone et semble s’en foutre royalement. Quant aux gens du camp en face du J7, ils me prennent de haut, alors que j’ai posé la question en évitant soigneusement d’avoir l’air de les accuser…

Je suis dégoûté pour nos affaires, mais aussi pour les photos du voyage, car si nous avions avec nous nos affaires les plus importantes (portefeuilles, téléphones, tablette de Ai…), mon appareil photo, lui, était bel et bien dans mes sacoches, avec la carte SD achetée neuve… Seule l’autre carte SD, celle du début du voyage, est sur moi car je l’avais rangée dans mon portefeuille pour ne pas la perdre. Beau réflexe dont je me félicite. Mais ça veut dire que je n’aurai aucune photo entre Anse et maintenant, à part celles prises avec mon téléphone… Comment raconter le voyage et en garder des souvenirs dans ces conditions ?

Je reviens au J7, jette un œil à la sacoche bleue restante. Elle est ouverte, et qu’est-ce que je vois, posé sur les affaires qu’elle contient ? L’appareil photo ! Difficile de décrire les sentiments contradictoires que je ressens à ce moment là, entre le dégoût général de ce qui nous arrive et le soulagement de retrouver l’appareil et surtout les photos.

Ai retrouve un antivol dans l’herbe. Ça pourrait être une bonne nouvelle, car cet antivol vaut une cinquantaine d’euros à lui tout seul. Mais la clé était dans mes sacoches et je n’avais pas de double. Il en est de même du second antivol, qui est toujours là lui aussi car il était dans la sacoche bleue restante. Celui-ci ne valait que 25 € mais il était bien quand même.

Je monte sur le toit du J7 pour observer les alentours mais je ne vois rien. Nous tournons dans les rues autour, et de l’autre côté du canal, mais il n’y a rien non plus.

De toute façon, en réfléchissant cinq minutes à tête reposée, je comprends où sont très certainement nos affaires. En face de l’endroit où nous étions garés. Des vélos de voyage chargés, c’est très lourd. En plus, ils ont été volés avec des sacoches qui n’étaient pas attachées dessus, et qui ont été emmenées quand même. Mais toutes les sacoches n’ont pas été prises, ni le panier. Cela veut dire que les voleurs n’ont pas perdu une seule seconde. Ils n’ont, en aucun cas, essayé de rattacher les sacoches sur les vélos avant de partir. Sinon ils auraient tout pris. Ils sont donc partis en tenant les vélos et les sacoches en vrac, et ont laissé une partie du butin car ils ne pouvaient pas tout prendre à la fois. Ils ne sont donc pas allés bien loin : soit ils ont tout chargé dans une camionnette, soit ils sont allés juste en face. Sachant que la rue est barrée à la circulation durant les puces (sauf pour l’accès aux puces), le scénario de la camionnette est hautement improbable.

Antoine nous dépose tout près de la gare.

Nous, et nous affaires… enfin, ce qu’il en reste.

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Nous regardons les horaires des prochains trains. Il y en avait un à 13h22, mais il est 13h20 lorsque nous descendons du J7. C’est trop juste pour l’avoir, à moins de courir comme des dingues. Nous predrons le suivant, à 15h22.

Nous restons un moment assis devant la gare. Comme déboussolés. Il faudrait que nous allions manger quelque chose, mais je n’ai pas vraiment faim. Ai non plus.

Nous regardons ce que proposent les restaurants alentours. Kebabs, frites, etc. Le genre de truc qui ne me déplaît pas en général, mais qui nécessite d’avoir faim.

Nous finirons dans une pizzeria dans le centre commercial d’en face. C’est totalement absurde car je n’ai toujours pas plus faim, et ça nous coûtera plus cher. En fait, notre attention a été attirée par les petits trucs pas chers vendus en vitrine, mais ils ne sont vendus qu’à emporter. C’est absurde.

Nous mangeons. Je ne prends pas une pizza mais un truc moins lourd. Nous finissons vite car il sera bientôt l’heure du train. Nous avons beaucoup traîné avant de nous décider à chercher où manger.

Nous voici dans le train. C’est plus facile de voyager sans vélos… Enfin, techniquement parlant, parce que moralement c’est dur.

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Nous discutons de ce qui vient de nous arriver et des conséquences que cela aura. Il faudra racheter un matelas pneumatique (que nous venions d’acheter neuf), une tente (que nous venions d’acheter en état neuf, mais à 5 € sur un vide-greniers), des sacoches, des cuissards de vélo (dire que j’étais content d’en avoir acheté un neuf durant le voyage)…

Je devrai faire une croix sur un certain nombre de documents que j’avais pris durant le voyage : cartes, plans et dépliants pris dans les campings, offices de tourisme, lieux visités… livre acheté au Palais Idéal du facteur Cheval que je n’avais même pas encore feuilleté (ça, c’est vraiment énervant), dépliant gratuit de la Demeure du Chaos (sans doute le plus facile à retrouver…).

Il ne faut pas oublier non plus les autres documents que j’avais emmenés pour le voyage : principalement des cartes de véloroutes et voies vertes, dont ma carte. Le seule exemplaire que j’avais de la carte IGN / AF3V des véloroutes et voies vertes de France dont je suis l’un des deux principaux contributeurs. Ça, c’est très énervant. Il y avait également deux petits livres qui n’étaient pas à moi. On me les avait prêtés. Ça c’est ennuyeux.

Je commence aussi à faire une croix sur ma batterie auxiliaire solaire pour smartphone, achetée récemment chez Noz, avant de la retrouver dans ma sacoche bleue restante. De même pour quelques vêtements, dont deux t-shirts offerts par des amis cyclistes. J’ai également encore la pompe servant à gonfler le matelas pneumatique. À choisir, ce n’est pas le truc que j’aurais préféré conserver. J’aurais bien échangé contre quelques affaires plus utiles.

Je dois faire une croix sur mon poncho de pluie. Bon, on me l’avait donné et je dois en avoir un autre qui traîne. Je repense tout à coup au poncho de pluie de Ai, qui coûte très cher. Le matin du départ, elle l’avait laissé à l’entrée de la maison, pour le prendre en partant. Mais moi j’ai rangé tout ce qui traînait à l’entrée, et comme elle ne l’a pas vu elle n’y a plus pensé. Ce fut un sujet de discussions entre nous durant le voyage : « c’est ta faute car tu l’as rangé…  non la tienne car tu n’avais qu’à y penser… ». Finalement, c’est très bien comme ça. Vu le peu de pluie qu’on a eu, ça n’aurait pas été utile de l’emmener pour se le faire voler.

Il y a des affaires que j’emmène d’habitude et que je n’avais pas avec moi cette fois, car elles étaient restées par erreur dans notre maison, alors que nous démarrions de Besançon : certains outils, ma rallonge électrique de 10 mètres, etc. Finalement je suis ravi de cette erreur qui leur aura sauvé la vie. Par contre, ma petite clé à molette « Armée Française » qui devait venir d’un de mes grands oncles, je ne la verrai plus.

Il y a des affaires qui ont survécu au vol, un peu par miracle. Les deux broches achetées à la brocante de Beaucaire, je les avais mises dans mon portefeuille. Le CD acheté au même endroit était dans un sac plastique, avec le livre acheté par Ai en même temps. Et comme elle avait voulu lire un petit coup ce livre hier, elle avait sorti l’ensemble qui était ensuite resté dans le panier.

Par contre, Ai a perdu tous les vêtements qu’elle avait emmenés, dont la jolie robe qu’elle porte sur certaines photos, et à l’exception bien sûr de ceux qu’elle portait au moment du vol.

À propos des vêtements, nous imaginons la tête de ces abrutis de voleurs en déballant leur butin : slips et chaussettes sales, t-shirts plein de sueur, etc. Habituellement, nous faisions la lessive au jour le jour (Ai tenait à le faire) mais étant sur le retour nous avions cessé depuis deux jours.

C’est à la fois drôle et terrible, car on se dit que ces débiles nous ont volé des affaires qui nous étaient précieuses mais dont ils ne tireront sans doute pas grand chose : ils n’ont sans doute aucune idée de la valeur de mon Koga, ni de celles des sacoches Ortlieb (sinon ils auraient pris la paire). Quant au contenu des sacoches, entre les vêtements sales, les plans de pistes cyclables qui n’intéressent que moi (et qui sont gratuits) et les restes de nourriture, il n’y a pas grand chose de très utile et facile à vendre… à part la tente, le matelas pneumatique, et la clé à molette de l’armée s’ils ont la présence d’esprit de tenter de la vendre aux puces. Je pense qu’à l’heure qu’il est la plupart de nos affaires ont fini à la poubelle ou abandonnées dans un terrain vague.

Nous arrivons en gare de Besançon.

Vincent, mon nouveau colocataire, est venu nous chercher en voiture. Nous n’avions vraiment pas le courage de marcher jusque chez nous. Ce n’est pas tant le fait de marcher qui nous dérange, que le fait de devoir le faire (ou prendre le tram) en pensant à nos vélos qui nous manquent. Ce n’est vraiment pas possible.

C’est pour cela que je lui ai téléphoné, et pour une seconde raison aussi : dans mes sacoches, j’avais trois clés : deux clés d’antivols, et la clé de la porte d’entrée. Je voulais donc m’assurer que la maison soit ouverte à notre arrivée.

Grâce à lui, nous arrivons à la maison dans de bonnes conditions. Merci à lui.

Épilogue :

Les jours après le retour du voyage seront difficiles. Après un si beau voyage, je pensais rentrer motivé pour travailler dans notre maison, travailler sur ma thèse, etc. Mais suite à ce vol, je rentre avec la gueule de bois et je mettrai beaucoup de temps à m’en remettre.

Je ferai la démarche de porter plainte, via le formulaire de pré-plainte en ligne. Cela ne constituera pas un gain de temps. Au contraire, le temps d’avoir une réponse de la police et d’aller signer la plainte, elle sera enregistrée plus tard que si j’avais porté plainte sur place le jour même. Mais dans tous les cas, ça n’aura servi à rien. On vit dans un monde où on ne va pas enquêter chez les gens pour un vol de vélo sans preuves. (Mais s’il y avait des preuves, on n’aurait pas besoin d’enquêter…)

Le samedi après le retour du voyage, je déciderai d’aller au Aldi de Pirey pour voir s’ils ont encore des cuissards de vélo. J’y découvrirai qu’il n’y avait pas seulement des cuissards mais pas mal d’autres accessoires, et que tout est soldé à des prix dérisoires pour faire de la place. Je ferai deux autres Aldi dans la journée (Saône et Ornans) et rentrerai avec trois paires de sacoches de vélos qui ressemblent à nos Ortlieb (évidemment, pas de la même qualité, mais bien pratiques tout de même) pour 5 € la paire, et plusieurs modèles de cuissards. Plus tard, je trouverai également à Noz une housse de guidon pour Smartphone, différente de celle que j’avais sur mon vélo, mais peut-être un peu plus pratique car on peut y ranger autre chose que le téléphone (comme des petits outils). Nous retrouverons un matelas pneumatique pour 5 € en très bon état sur un vide-greniers. Bref, l’équipement se refait petit à petit, un peu comme il s’était constitué initialement : en fonction des opportunités.

En rencontrant des Américains voyageurs à vélo lors d’un séjour à Londres pour ma thèse, je découvrirai que l’un d’eux roule sur un Koga Miyata assez similaire au mien, qu’il a acheté pour une somme assez raisonnable (moins de 250 €) aux Pays-Bas. J’ai alors l’idée de chercher l’équivalent hollandais du Bon Coin, et j’y découvre que le modèle que j’avais est relativement courant, et se vend à un prix accessible (entre 200 et 300 €, sachant que je l’avais payé 700). Même en rajoutant le prix d’un aller-retour là-bas, et l’équipement à remettre dessus (cintre papillon et porte-sacoches avant), je pourrais me racheter un vélo identique au mien pour moins cher que ce que je l’avais payé initialement. C’est bon à savoir, même si je ne sais pas encore si je ferai ça. Disons que ça pourrait être une idée : me rendre aux Pays-Bas en bus avec mes sacoches de vélo, racheter un vélo et l’équiper, et partir directement en voyage (par exemple à Copenhague, qui reste un de mes objectifs futurs).

Par ailleurs, ce séjour à Londres sera aussi l’occasion de tester pour la première fois les sacoches Aldi et de constater qu’elles sont bien pratiques et assez solides. Même le système d’accroche (un gros avantage des Ortlieb) est assez pratique : il est moins bien que celui des Ortlieb, mais quand même satisfaisant et rapide à manipuler. Reste à voir ce qu’elles donneront sous la pluie, car je n’ai pas encore testé.

Bon. Voilà une fin de voyage que j’aurais aimé ne pas avoir à publier. J’ai même hésité à le faire, mais après tout j’ai toujours raconté nos voyages à vélo jusqu’au retour en train, inclus, et il n’y avait pas de raison de faire exception. Et puis désormais, il faut regarder vers l’avenir. Nous finirons de nous rééquiper. Je retrouverai un Koga comme j’avais, ou un autre vélo qui me plaira plus. Nous achèterons un vrai vélo de voyage pour Ai, pour lui éviter de repartir une nouvelle fois avec un vélo mal adapté (en écrivant ça, je me dis : heureusement que nous n’avions pas encore fait cet achat). Nous repartirons sur les (vélo)routes et voies vertes de France et d’ailleurs…

 

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