La semaine des bennes, racontée 10 ans après

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAu détour d’un article sur mes Sparc, j’avais laissé entendre que je raconterais peut-être un jour la semaine des bennes. Et je ne l’ai jamais fait. Et le temps a passé… si vite que cela fait maintenant 10 ans. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire…

L’histoire commence en Septembre 2005

Je suis en première année d’un master d’informatique que je ne terminerai jamais. Je serai déçu par les enseignants et les enseignements, à quelques exceptions près (l’algorithmique, les TP en langage C, et le réseau) ; déçu également par l’omniprésence de logiciels et technologies propriétaires (contrairement à l’excellent IUT de Belfort) ; et déçu encore par bon nombre de cours théoriques totalement abstraits, éloignés des préoccupations du milieu professionnel et… chiants, disons-le clairement.

Mais au mois de septembre, je ne sais pas encore tout cela. Je le perçois déjà, mais sans plus. Je ne sais pas non plus que cette année de master, à défaut de m’apporter un diplôme, m’amènera à vivre avec celle qui deviendra ma femme.

Mais ne nous égarons pas trop. Nous sommes donc en septembre 2005, au début de cette première année, et je dois rendre avec un ami un TP réalisé en binôme. Nous devons le déposer dans le casier d’un prof, et montons pour cela à l’étage des enseignants.

Pendant qu’il cherche le bon casier, une feuille A4 sur le panneau d’affichage attire mon attention. Elle annonce que des bennes seront présentes sur un des parkings durant une semaine afin de récolter les déchets électroniques.

Nous avons déjà essayé par le passé de parcourir les zones industrielles autour de la fac, à la recherche de ce genre de bennes, mais sans succès. Cette annonce représente donc une aubaine pour nous. Nous notons donc soigneusement les dates…

Lundi 3 octobre 2005

C’est le jour J. À la fin de la journée, après les cours, nous nous précipitons sans perdre de temps sur le parking mentionné sur l’affiche.

Il y a trois protagonistes ce jour là. Geoffroy, Aurélien et moi. Geoffroy, comme nous deux, est un ancien de l’IUT de Belfort et un vrai geek qui aime bricoler les machines et les systèmes libres. Il était dans notre promo, mais cette année il est en licence.

Nous nous attendons à trouver une benne de déchets électroniques divers (matériel scientifique hors service…), comprenant quelques ordinateurs… Mais ce n’est pas tout à fait cela.

Voici ce que nous découvrons :

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Derrière une première benne encore vide, une seconde benne comporte déjà un joli tas d’ordinateurs, ainsi que quelques photocopieurs et téléviseurs probablement hors service.

Les PC vont du 486, au Pentium III en passant par les première et deuxième générations de Pentium. Et à cela s’ajoutent tout un tas de vieux Mac qui nous intéressent fortement. Bien sûr, il n’y a aucune machine dernier cri. Mais en 2005, on peut encore faire pas mal de choses avec un Pentium III voire plus ancien. Quant aux Mac, ils m’intéressent pour le côté vintage, comme on dirait maintenant, et ils intéressent Aurélien et Geoffroy qui aiment installer Debian sur des architectures différentes des x86 (les PC) afin d’étudier leur fonctionnement et d’y compiler des logiciels spécifiques.

Plein d’enthousiasme, je vais chercher ma ZX et Geoffroy va chercher sa BX. Aurélien n’a pas encore de voiture.

Vous n’imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous

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Nous ne sommes pas très sélectifs.

Nous avons tous les trois notre petit stock de matériel, mais il est restreint en comparaison de tout ce qui s’offre à nous tout à coup. Alors nous chargeons, sans trop réfléchir. Ce qui ne fonctionne pas pourra toujours être démonté pour les pièces. Quand on sait qu’une simple carte réseau vaut 10 € dans le commerce, un PC hors service n’est jamais récupéré pour rien. Nous ne récupérons pas pour revendre, mais si ça peut nous éviter d’acheter du neuf (à nous ou à nos potes)…

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En plus des ordinateurs, je récupère même de vieilles enceintes.

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Bientôt, les voitures sont pleines.

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La taille de la pile dans la benne a clairement baissé.

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Dans la nuit, un utilitaire blanc arrive sur le parking. Nous nous regardons. Est-ce synonyme d’ennuis ? Il s’arrête. La portière s’ouvre, laissant s’échapper du rap à fort volume puis un jeune homme d’environ notre âge.

Il est tout à fait sympathique. Il vient d’un quartier à l’ouest de la ville, et cet utilitaire est son seul véhicule. Il aime bien la récup’, et n’a rien contre la revente. Nous l’aidons à charger plusieurs téléviseurs. Il n’y a pas de concurrence entre nous. Il est bientôt rejoint par un de ses amis, qui arrive au volant d’une puissante BMW et commence, avant toute autre forme de politesse, par pisser par terre en plein milieu du parking. Il est moins sympathique que son ami, et semble jalouser le chargement de nos voitures. Je crois surtout qu’il n’y connaît rien et imagine que nous venons de récupérer pour une fortune de matériel. Je tente de lui expliquer que nous sommes des geeks et récupérons du matériel obsolète pour le plaisir de bricoler, mais je sens qu’il ne me croit pas. C’est pourtant la vérité.

Ils repartent.

Nos véhicules sont chargés. Nous démarrons à notre tour.

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Nous devons répartir en voiture le matériel entre l’appartement de Geoffroy, à quelques kilomètres de là, celui d’Aurélien route de Gray (à l’autre bout de la fac), et celui que j’occupe avec ma sœur au CROUS rue de l’Épitaphe.

Aurélien et Geoffroy ont été plus sélectifs que moi. Il faut dire que mon appartement est plus grand que les leurs, tout comme la maison de mes parents (qui est également plus près : 30 km, contre 100 pour Aurélien et plus de 200 pour Geoffroy).

Chez Aurélien, le matériel est vite monté. Nous aurons toutefois quelques difficultés à trimballer un énorme écran Apple de 23 pouces qui semble peser une tonne. Le matériel est testé et semble fonctionner.

Chez moi, où échouera donc la majorité du matériel, ça sera un peu plus long. Nous stationnons la voiture au plus près de l’appartement. Je profite d’un chantier dans le CROUS pour entrer dans une zone normalement inaccessible aux voitures. Nous mettons à contribution ma sœur et même une de ses amies, présentes dans l’appartement ce soir là, pour nous aider à décharger. Elles n’en reviennent pas de la quantité de matériel que nous ramenons. Je crois même que nous faisons un second voyage avec ma voiture, tandis que Geoffroy repart chez lui avec la sienne.

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Ma sœur semble quelque peu inquiète de ce tas de merdes qui occupe tout à coup une place centrale dans l’appartement. Heureusement pour elle, elle dispose d’une chambre séparée, tandis que je dors dans la pièce principale qui fait aussi office de cuisine, de salle à manger, et désormais de stock d’ordinateurs.

Une fois que tout le monde est chez soi, et après avoir mangé, je me couche. Mais je ne m’endors pas vite. Je ne sais pas si c’est à cause de l’excitation, ou le fait de savoir qu’il y a tout ce tas de matériel pas vraiment propre à quelques mètres de ma tête, ou encore l’odeur qu’il dégage…

Après une courte nuit, n’ayant pas cours trop tôt, j’entreprends de tester le matériel.

Et ça marche. Je ne teste pas les nombreux PC, qui sont surtout pour pièces, mais je teste les Mac et ils fonctionnent presque tous. Je teste aussi les nombreux écrans (de PC et de Mac). La plupart sont fonctionnels. Ceux qui ne le sont pas passent directement par la porte-fenêtre en direction de la pelouse. C’est pratique d’habiter au rèz-de-chaussée.

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Après cette première série de tests, le matériel qui jonche la pelouse reprend place dans ma voiture et je pars en cours avec. Habituellement, je vais à pied ou à vélo.

J’arrive sur le parking, jette dans la benne le contenu de la voiture, et reprend quelques bricoles réapparues depuis hier soir. Ensuite, je vais en cours.

Durant la journée, à chaque sortie de cours, je repasse avec Aurélien et d’autres amis dans les bennes. Ma voiture reste stationnée en face de celles-ci. Nous sommes désormais très sélectifs car les ordinateurs arrivent par camionnettes et remorques entières, de tout le campus et peut-être même de toutes les composantes de l’Université.

Nous finissons par regarder directement dans les véhicules qui arrivent, n’hésitant pas à aider les employés à les décharger, afin de trier en même temps : ce qui est intéressant part dans ma voiture ; le reste part à la benne.

Nous ne récupérons plus les PC en nombre. Il y en a beaucoup trop. Par contre, j’ai un couteau Suisse Chinois avec moi et n’hésite pas à démonter le matériel pour prendre les composants intéressants : cartes réseau, RAM, etc. Je récupère par exemple deux disques durs SCSI dans des racks, avec la carte contrôleur qui va avec. Ils seront, deux mois plus tard, montés en RAID dans ce qui sera mon serveur durant deux ans.

Les seuls machines entières qui prennent désormais place dans ma voiture sont des Mac et tout ce qui est rare, comme un Amiga 2000 (pour un copain), un gros serveur Bull à base de PowerPC, et même une Sparc Ultra 10, hélas largement incomplète. Lorsque je la ramasse, un de mes amis, présent à mes côtés, m’avoue l’avoir vue et lancée plus loin sans savoir ce que c’était. Je l’engueule consciencieusement.

Le soir, après les cours, le tri du matériel continue. On en teste un maximum, et on empile le plus proprement possible. La photo ci-dessous montre devant la cuisine une pile qui est légèrement plus grande que ma sœur, visible sur le côté.

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Pendant que je trie, Aurélien et ma sœur squattent mes deux PC portables…

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Nous racontons nos péripéties, via IRC, à nos amis qui habitent et étudient à Belfort. D’après nos informations, il y a aussi des bennes là-bas. Il faut qu’ils aillent en profiter.

Voici deux jolis petits portables : le Bondwell Model 8, récupéré ce soir malgré la pluie (la seule de la semaine, heureusement), et un PowerBook que j’ai ramassé la veille.

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Je ne remettrai jamais le PowerBook en route, mais j’aurai l’occasion de faire tourner le Bondwell.

Le mercredi ressemble à la veille : je remets dans les bennes le matériel testé qui ne fonctionne pas, et j’y reprends un peu de matériel. Très peu de machines, désormais. Plutôt des pièces détachées démontées au fur et à mesure de l’arrivée d’ordinateurs dans les bennes, et des accessoires comme des claviers et des souris, surtout pour les Mac. Il s’agit en effet d’être en mesure de faire tourner tous les Mac récupérés, sans manquer de périphériques de base.

Je découvre que les claviers de Mac perdent facilement leurs touches (mais il est tout aussi facile de les remettre en place). Je n’hésite donc pas à ramasser les touches de clavier qui traînent par terre afin de compléter les claviers récupérés avec des touches manquantes.

Dans les bennes, nous trouvons de plus en plus d’étudiants, mais aussi des profs ! Je fais également connaissance, pour la première fois, avec l’ingénieure hygiène-sécurité de l’université, très jeune à l’époque. Elle n’est pas antipathique et nous laisse même prendre du matériel. Ce qu’elle ne veut absolument pas, en revanche, c’est que nous montions dans la première benne, qui a été remplie et déjà fermée, pour des raisons de responsabilité en cas d’accident. Nous évitons donc de le faire en sa présence, mais dès qu’elle tourne le dos tout le monde le fait (y compris certains profs). Et elle s’en doute. C’est pour cette raison qu’à partir de l’année suivante, le matériel sera collecté d’une façon radicalement différente…

L’après-midi, n’ayant pas cours du tout, Aurélien et moi faisons un trajet en voiture chez mes parents. Il s’agit de vider un peu l’appartement. Le matériel prend place dans la maison et dans la grange.

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Le soir, de retour à Besançon, nous retournons dans la benne avec Geoffroy et Rémi, un ami qui vit à Montbéliard et qui s’est déplacé exprès.

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Nous sommes désormais très sélectifs, mais il ne faut pas hésiter à fouiller dans les bennes.

Pour cela, nous ouvrons, avec d’autres personnes présentes que nous ne connaissons pas, les portes d’une des deux bennes, qui sont fermées. Du matériel tombe et se répand partout. Cela nous permet de mieux sélectionner et trier. Malheureusement, un responsable du service du patrimoine passe à ce moment là en voiture et nous engueule copieusement. Nous finissons par réussir à le convaincre que nous n’avons pas l’intention de laisser les choses en l’état avant de partir. Nous finissons notre travail de tri, et remettons proprement le matériel dans la benne afin de la refermer, comme nous le lui avons promis.

Histoire de faire profiter d’autres personnes de ces bennes, je mets durant la nuit un message sur le forum de mon frère.

Le jeudi, il n’y a plus grand chose à signaler. Nous avons cours, et passons aux bennes quelques fois dans la journée. Toujours pour des bricoles. Je viens toujours en voiture, et la stationne toujours à proximité. Nous ressentons une sensation indescriptible : celle d’être blasés, en quelques jours, de ce que nous trouvions merveilleux lundi. Lundi, c’était la première fois que nous tombions sur une chose pareille, et nous prenions un peu tout, sans réfléchir. Nous tentions de manipuler le matériel avec soin, pour ne pas l’abimer plus qu’il ne l’était déjà. Désormais, être dans les bennes et sauter sur le matériel nous semble habituel, et nous ne prenons que ce qui nous intéresse vraiment. Je n’hésite pas à couper le câble d’une souris qui m’empêche de récupérer quelques autres câbles qui se sont emmêlés avec… Cette souris est sans doute en bon état, mais j’en ai déjà tellement, et il en reste tant d’autres… Ce sont des souris à deux ou trois boutons dont plus personne ne veut.

En parlant de câbles, je me demande pourquoi on trouve dans la benne des câbles RJ45 en parfait état… En tout cas, je les prends. Je trouve aussi du câble avec une prise à un seul bout voire pas de prise du tout, mais je les prends aussi. Mon frère a une pince à sertir et les embouts qui vont bien.

Durant l’après-midi, la benne la plus chargée disparaît en notre absence, remplacée par une nouvelle qui commence à se remplir sans plus tarder. Je récupère encore une belle pièce : un écran Sun de 21 pouces, extrêmement lourd, avec un connecteur 13W3.

Du côté du nord Franche-Comté, mon frère et ses amis vont faire des tours dans les bennes de l’IUT de Belfort. La pêche n’y est toutefois pas aussi bonne qu’ici. À Montbéliard, deux amis cherchent les bennes sans rien trouver.

Le vendredi matin, la seconde benne pleine est emmenée. Il ne reste à midi que la nouvelle, qui ne contient pas grand chose.

Mais peu importe la quantité, c’est la qualité qui compte ! Et je n’en crois pas mes yeux quand, en sortant de mon dernier cours de la semaine, et pensant avoir tout vu, je trouve une IBM RS/6000 et trois Sparc Ultra 5. Ces dernières seront à l’origine de mon goût prononcé pour les Sparc.

Cette fois, je peux partir tranquille. Je repasse à mon appartement puis prends la direction de chez mes parents où je peux commencer à trier…

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C’est la fin d’une semaine incroyable durant laquelle je n’ai pas beaucoup dormi et mes amis non plus. J’ai plus que triplé mon stock de matériel.

Mais qu’est devenu ce matériel ?

Deux Sparc ont reçu une installation de Debian et tourné durant plusieurs années. Les autres ont servi pour les pièces. Je les ai toujours. Je les donne à qui les veut (j’en garderai peut-être une).

La RS/6000 n’a jamais été testée. Je l’ai toujours. Il faudrait que je prenne le temps d’en faire quelque chose.

Le serveur Bull a été testé une fois mais je n’ai pas pu le faire démarrer correctement. Je l’ai toujours. Si vous le voulez, faites-moi signe…

Le Bondwell Model 8 a été testé. Il fonctionne (y compris la disquette qui se trouvait dans son lecteur). Et ceci malgré le fait que je l’ai récupéré sous la pluie et qu’il n’avait pas son alimentation (je l’ai testé avec un transfo générique). Je l’ai mis sur eBay un jour, pour voir si j’en tirerais quelque chose. Un russe s’est montré très intéressé (il l’avait vu sur mon site et me le demandait depuis longtemps), mais finalement l’ordinateur est parti… en Haute-Saône, au nord de Vesoul. J’en ai tiré la modique somme de 6€50.

Le PowerBook était incomplet et n’a jamais été testé. Il est parti via eBay pour 1 €…

Je me suis acharné sur tous les Pentium III, sans jamais pouvoir en faire fonctionner un correctement. Ils ont fini en pièces détachées, et les cartes mères bennées. Un PIII récupéré par Geoffroy, en revanche, fonctionnait parfaitement et lui a servi d’ordinateur principal durant un certain temps.

La quasi-totalité des Pentium II a fonctionné. Je les ai encore, même si j’en ai donné plusieurs. Aujourd’hui, devenus trop obsolètes, ils sont empilés, avec des planches, et servent d’étagères…

Les Mac étaient presque tous fonctionnels. Je les ai encore presque tous, même si j’en ai donné quelques uns. J’en avais même mis deux en réseau et on pouvait aller sur internet avec (à l’époque où les sites n’étaient pas encore tous devenus hyper gourmands en ressources). Si vous êtes collectionneur de Mac, faites-moi signe. Je destocke… J’en ai vendu un l’année dernière sur le vide-grenier du village, pour quelques euros.

L’énorme et lourd écran Sun a servi un certain temps avant de rendre l’âme. Il a ensuite séjourné des années dans la grange de mes parents, avant que je ne me décide (il y a seulement quelques mois) à le mettre à la déchetterie, où les écrans 14 pouces avaient fini leur vie l’année précédente. Ils fonctionnaient, mais à un moment il faut faire des choix… Et si les unités centrales s’empilent facilement, ce n’est pas le cas des écrans cathodiques.

Les  divers périphériques étaient presque tous fonctionnels, qu’il s’agissent des périphériques externes (claviers, souris…) ou internes (cartes réseau, cartes son…). Une bonne partie a servi, mais il me reste beaucoup de souris inutiles.

J’ai donné beaucoup de câbles d’alimentation à des amis, et il m’en reste encore un bon stock. Les câbles RJ45 me servent beaucoup (y compris ceux à qui il manquait des prises, que j’ai remis en état). Avec un câble qui avait une prise femelle, j’ai créé une rallonge RJ45, chose qui n’existe pas à ma connaissance et qui me sert énormément.

Durant les années suivantes, j’ai encore récupéré du matériel dans les bennes de la fac, bien que leur organisation ait changé : matériel entreposé directement à même le sol ou dans des petites bennes, et chargé dans des camions au fur et à mesure (ceci afin d’éviter de devoir déloger les étudiants et le personnel de l’université des bennes…).

J’ai récupéré en 2006 quelques Mac, un PC, et des bricoles (cartes réseau…) ainsi qu’une seconde Sparc Ultra 10 (un ancien serveur DNS de l’université, en plus) ramassée par un pote qui était à pied et l’a portée jusqu’à son appartement, au quatrième étage, à l’autre bout du campus. Il n’a malheureusement pas pu sauver la seconde (l’autre serveur DNS) qui est partie dans le camion sous ses yeux alors que je ramassais des Mac à l’autre bout de la fac. On n’avait encore pas de téléphones portables à l’époque…

Les récupérations des années suivantes ont été moins spectaculaires, mais j’ai quand même eu à la fac de lettres (juste avant d’y travailler) quelques machines assez puissantes avec des processeurs et des quantités de RAM intéressantes (1 ou 2 Go, ce qui était très bien à l’époque). J’ai pu m’en servir pour faire des serveurs de développement. À l’heure où j’écris ces lignes il m’en reste un à côté de moi, qui tourne à chaque fois que c’est nécessaire.

Le reste est chez mes parents et toujours en bon état. J’ai jeté ce qui ne fonctionnait pas (soit dans les bennes de la fac de l’année suivante, soit à la déchetterie). J’ai également récupéré quelques machines chez des potes (dont un PC bi-processeur et deux HP 9000 dont je n’ai jamais rien fait…). J’ai aussi quelques Mac moins anciens que ceux des premières bennes et même un joli iBook de 2001 qui tient encore plus de trois heures sur sa batterie ! Par ailleurs, le PC portable avec lequel je travaille est issu d’une récupération (mais plus officielle).

Pour terminer, il faut retenir que cette histoire a désormais 10 ans, et que la récupération de déchets électroniques est désormais beaucoup plus réglementée. Il ne faut pas, aujourd’hui, tenter de faire ce que nous faisions à l’époque. C’était légal, ou en tout cas toléré. Aujourd’hui, ça n’est plus si simple. Par contre, il est possible de faire des demandes officielles pour récupérer du matériel pour des associations. Quand je travaillais à la fac de lettres, une association faisait ce genre de démarche et a récupéré quelques machines réparables.

 

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