Retour à la maison

20150905_192638À 17 heures, Frédéric nous annonce que c’est terminé. Il reste quelques rangées de vignes à vendanger, mais il les terminera la semaine prochaine avec sa famille et la fille des propriétaires.

Pour les membres de l’équipe, cela signifie que ce soir c’est la fête. Pour moi, c’est la confirmation que je peux rentrer à la maison pour voir ma chérie et me rendre demain à Vellefaux avec mon ami Fabien. J’ai un peu moins de 3 heures devant moi pour remballer mes affaires, et parcourir à vélo la vingtaine de kilomètres menant à la gare de Belleville.

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En principe, c’est tout à fait jouable.

Mais…

La nuit dernière, nous avons dû quitter le château pour laisser la place à un mariage qui y était organisé. Nous avons donc campé autour de la maison de Frédéric, qui se trouve à plusieurs kilomètres d’ici.

Nous allons bien sûr y retourner tous ensemble, mais auparavant il faut repasser par le château pour déposer et laver une partie du matériel. Cela prend du temps. Frédéric a du travail à faire sur place. C’est son père qui nous conduit finalement à la maison, mais il est plus de 18 heures lorsqu’on y arrive.

Ça reste jouable mais ça sera plus difficile.

À peine le véhicule arrêté devant la maison, j’en saute et vais replier ma tente et charger mon vélo. Frédéric me téléphone. Il a peur que je rate mon train et propose qu’on m’emmène en voiture. Il m’envoie chercher ma paye auprès de son épouse, puis c’est sa maman qui me conduira à la gare en voiture. C’est une affaire de famille.

Après décrochage de son chargement et de sa roue avant, mon vélo prend place dans une Laguna qui file vers la gare. Nous arrivons avec suffisamment d’avance pour que je puisse remettre mes bagages sur mon vélo, remonter sa roue avant, remercier ma conductrice, lui dire au revoir, et enfin acheter mon billet. J’arrive même à faire rentrer dans une de mes sacoches un carton de six bouteilles qui m’a été donné en même temps que ma paye. Les sacoches Ortlieb sont décidément les meilleures du monde.

Il y a beaucoup de monde devant la gare, dont pas mal d’étrangers et un fourgon aménagé. Ça joue de la musique. C’est joyeux. Je pense qu’il s’agit de vendangeurs. Certains viennent de loin (notamment de Pologne).

Je dois traverser les voies pour me rendre sur le quai d’où je partirai.

Je choisis de le faire par un passage piéton à niveau, en bout de quai. C’est bien évidemment réservé au personnel et interdit au public. Mais la seule autre solution est une passerelle, et mon dos n’est pas d’accord pour tenter son franchissement avec un vélo chargé.

Je regarde attentivement dans les deux sens et ne traîne pas. Je ne serais pas étonné qu’il circule sur cette ligne des TGV traversant la gare sans prévenir et sans s’arrêter. Et c’est effectivement ce qui se produit quelques minutes plus tard : sans la moindre annonce sonore préalable, un TGV passe à bonne allure.

J’attends un certain temps sur le quai.

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Un jeune homme me rejoint. Il rentre lui aussi de ses premières vendanges, mais son expérience est beaucoup moins positive que la mienne. Sa main droite comporte plus de coupures de serpette que de doigts pour les compter, et il me dit qu’il ne compte pas revenir. Moi si, probablement.

Il s’appelle Jérémy. Tout comme moi, il rentre à Besançon. Il va prendre le même TER que moi jusqu’à Dijon. Ensuite, il avait prévu de prendre un TGV mais, n’ayant pas encore acheté son billet, il décide qu’il prendra à nouveau le même TER que moi au départ de Dijon. Ça sera moins cher et on pourra discuter.

Le train arrive. Nous embarquons. Je ne pends pas mon vélo mais le fixe solidement.

Nous discutons en grignotant un paquet de gâteaux qu’il a acheté. Le contrôleur passe près de nous mais semble se moquer totalement des billets. Cela tombe bien car j’ai totalement oublié de composter le mien. Dans le train, il y a quelques autres personnes qui reviennent visiblement des vendanges.

Nous arrivons à Dijon. En décrochant une sacoche, je peux mettre mon vélo dans l’ascenseur et atteindre le passage souterrain. Ensuite, le hall de la gare est atteint grâce à l’escalier roulant (ce qui n’est pas autorisé avec un vélo, mais tellement pratique quand on sait s’y prendre).

J’achète mon billet pour Besançon et aide un jeune couple qui, visiblement, ne prend pas le TER souvent. Jérémy, qui a surveillé mon vélo et nos bagages, va acheter le sien tandis que je les surveille à mon tour.

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Notre train est annoncé. Nous nous rendons sur le quai et montons à bord.

Alors que nous discutons dedans depuis un certain temps, la voix du contrôleur nous informe que nous aurons un retard « indéterminé ».

Nous partons finalement avec 45 minutes de retard en raison d’un problème technique sur les portes du train.

J’apprends par SMS à mon ami Fabien que je pourrai aller à Vellefaux avec lui demain. Il me répond, ravi et enthousiaste ! Je lui téléphone et nous nous mettons d’accord sur les détails pratiques.

Nous arrivons finalement à Besançon, à nouveau sans contrôle des billets (cette fois, j’avais composté le mien).

Comme à Dijon, une sacoche décrochée me permet de prendre l’ascenseur. Je sors du parking souterrain et pédale jusque chez moi. Je n’ai jamais aussi peu pédalé lors d’un retour de voyage à vélo… Je range mon vélo, monte mes bagages, et retrouve ma chérie.

Bilan :

Un retour un peu frustrant puisque je n’ai pas eu le plaisir de descendre de chez Frédéric à Belleville à vélo, et de reparcourir la voie verte du Beaujolais. Mais il était plus prudent de faire ainsi. Et de toute façon, j’espère retourner vendanger là-bas et avoir donc d’autres occasions de la parcourir.

J’ai parcouru au total 225 km de vélo durant ce voyage, ce qui est vraiment peu. J’espère pédaler plus l’été prochain. Mais c’est mieux que rien.

Ce récit était sans doute moins intéressant que ceux de mes voyages précédents, à l’étranger. Mais je l’ai quand même écrit, comme d’habitude, pour garder en mémoire un certain nombre de détails et parce que des gens parmi mon entourage proche l’attendaient.

J’espère que vous avez apprécié les photos de la Bresse et des paysages du Beaujolais.

Pour terminer, je suis tout de même bien content d’être reparti sur les routes à vélo et d’avoir vécu cette première expérience de travail saisonnier en plein air qui en appellera peut-être d’autres.

À suivre…

 

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2 réponses à Retour à la maison

  1. Amélie dit :

    Eh oui, les vendanges sont souvent une affaire de famille… Ou le deviennent :) .
    Ah la gare de Belleville au mois de septembre !!! Quelle ambiance.
    Ca s’est super bien goupillé, c’est cool. Et top pour le carton de vin. Traditionnel, mais ça fait toujours plaisir. J’espère que tu te souviens que ta chère petite soeur t’avait fait goûter celui qu’elle avait ramené (mais siii, j’suis sûûûre ! Ah ah ah).
    C’est chouette que tu ne sois pas rentré tout seul.

    Super récit, et en effet je fais partie des gens qui l’attendaient/l’espéraient ;) .

    • Adrien dit :

      Je ne me souviens pas d’avoir goûté ton Beaujolais. Mais ce n’est pas grave : je te garantis que le mien est meilleur, héhé. On verra ça pour la dégustation. :)

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